Supermarché

Confinement : les courses sont-elles vraiment plus chères ?

Près d’un mois après la mise en place de mesures de confinement drastiques, de nombreux consommateurs ont le sentiment que leur budget alimentation a explosé. Dans les faits, les prix n’ont que très peu augmenté, mais la disparition des produits d’entrée de gamme et l’augmentation du prix des produits frais ont quelque peu fragilisé le pouvoir d’achat des clients.

Une impression faussée par les annonces de pénuries et les changements de consommation

Depuis le début du confinement, tous les clients ont été confrontés, au moins une fois, à des produits en rupture ou parfois à des rayons vides. Dans ce cas, lorsque leur produit habituel n’est pas disponible, les clients n’ont d’autre choix que de se reporter sur d’autres produits souvent plus haut de gamme et par conséquent plus onéreux. C’est notamment ainsi que s’explique la progression actuelle du bio.

En conjuguant le changement des habitudes de consommation et la disparition de la gamme premier prix, la facture s’avère plus élevée pour les clients. En moyenne, selon UFC Que Choisir”, la hausse du ticket moyen est marquée par les pâtes (+5% pour la semaine du 6 au 11 avril par rapport à la semaine de 2 au 6 mars) et le lait (+4% sur la même période). L’évolution est, à l’inverse, devenue négative pour les produits à destination des nourrissons (-2%) ainsi que pour certaines conserves (-3%). Afin de limiter l’inflation, certaines enseignes comme Carrefour ou Leclerc ont décidé de bloquer le prix de certains produits de première nécessité.

Parallèlement, les offres promotionnelles auxquelles étaient habituées les clients se font également de plus en plus rares, la majorité des enseignes ayant choisi de les limiter dans un premier temps. L’enseigne Franprix justifie cette décision par une volonté d’éviter les phénomènes de ruptures sur des produits de première nécessité et de permettre à son personnel de se consacrer de manière quasi-exclusive à la mise en rayon.

Des produits frais victimes d’une hausse des coûts de production et d’une baisse des importations sur le marché européen

Il y a tout de même une catégorie de produits qui fait figure d’exception et qui a vu ses prix augmenter de manière visible : les fruits et légumes. La diminution des importations, notamment en provenance d’Espagne, ainsi que des difficultés logistiques, ont fait disparaître une offre de produits frais d’entrée de gamme. Bruno Le Maire reconnaît cette hausse significative des prix et l’explique par la qualité des productions agricoles française.

Afin de pallier la baisse des importations et de soutenir les agriculteurs, les enseignes ont fait appel aux productions françaises souvent plus onéreuses. Par conséquent entre la semaine du 2 au 9 mars et celle du 6 au 11 avril, la hausse moyenne des tarifs a atteint environ 9%. Pour le bio, la majoration est encore plus drastique, soit 12% contre 6% pour les produits issus de l’agriculture dite conventionnelle selon UFC Que Choisir. À titre d’exemple, les tomates grappe bios se vendent désormais à 5,32 le kilo, 25 % de plus qu’il y a un mois. Les bananes et pamplemousse bio essuient de leurs côtés une flambée de 12 % et les citrons de 11 %.

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