Violences envers les femmes

Auchan Valenciennes : deux caissières dénoncent sur les réseaux sociaux le harcèlement des clients

Deux caissières du supermarché Auchan à Valenciennes dénoncent depuis plusieurs semaines les incivilités et autres formes de harcèlement subies dans le cadre de leur travail. Depuis le début de la crise sanitaire, la donne a cependant changé. Le message porté par les deux hôtesses de caisse est devenu tout à la fois visible et viral. Une histoire, loin d’être anecdotique, et qui témoigne de l’évolution de l’appréhension des caissiers et caissières dans l’opinion publique.

Si le hashtag #MeToo et la prise de conscience générale dans l’opinion publique qui s’en est suivie a permis de lever l’omerta sur la condition des femmes dans différents secteurs, du monde artistique et culturel, à celui des médias ou encore des grandes entreprises, le chemin est encore long dans le reste de la société. C’est le triste constat qu’on fait Margaux et Marilou lorsqu’elles ont commencé leur contrat étudiant au Auchan Valenciennes. Victimes de remarques sexistes dès leur première semaine de travail, les deux caissières ont décidé, à la suite d’un projet d’étude, de lancer un compte Instagram compilant les remarques blessantes et dégradantes, les gestes déplacés et l’humour graveleux de la clientèle des magasins de la grande distribution.

Intitulé “Paye ta caisse”, une référence explicite à la plateforme “Paye ta shnek” créé par la militante féministe Anaïs Bourdet, ce compte Instagram vise à dénoncer toute forme de discrimination au sein de la grande distribution, en diffusant le témoignage de personnes qui ont connu une agression verbale ou physique, alors qu’elles travaillaient dans les enseignes de la grande distribution.

Disposant actuellement de plus de 1 800 abonnés, le compte Instagram est un véritable succès. Les deux hôtesses de caisse ont reçu un nombre important de témoignages et de commentaires relatant des situations similaires. Leur initiative a notamment été relayée sur les réseaux sociaux par la fondatrice de la plateforme “Paye ta shnek”. Face à la réussite de ce projet, Margaux et Marilou aimeraient poursuivre leurs efforts et réaliser un documentaire sur ce le vécu des hôtes et hôtesses de caisse des grandes surfaces.

Quoi qu’il en soit, avec le confinement, les habitudes de consommation des Français ont évolué, mais les comportements inappropriés n’ont donc pas vraiment disparu. Toutefois, portés par l’élan des applaudissements de 20h, les remerciements et les gestes de sympathie à l’égard des caissiers et caissières se seraient multipliés ces dernières semaines.

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