Technologie

Quelles transformations pour le secteur de la grande distribution après la crise sanitaire ?

La crise sanitaire liée au Covid-19 va entraîner son lot de transformations de l’économie. Tous les secteurs sont ou seront impactés par la crise. Des transformations de méthodes, de pratiques et d’outils qui se vérifient déjà pendant le confinement, ainsi que dans cette délicate période de déconfinement par étape. Des gestes barrières à la distanciation physique, en passant par la digitalisation ou la mécanisation des métiers, quelles seront les mutations du secteur de la grande distribution ? Dans le cadre d’un entretien pour l’Observatoire du travail le dimanche, Laurent Alexandre, chirurgien, entrepreneur et essayiste partage sa vision de la crise sanitaire et des mutations qui vont en découler, notamment pour le secteur de la grande distribution.

La période post confinement marquée par des mutations importantes

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, le secteur de la grande distribution semble être un laboratoire des mutations à venir, en matière d’organisation du travail mais aussi du recours aux nouvelles technologies. D’une part, des salariés soumis à de nouveaux gestes barrières, une sollicitation des technologies d’achats, de nouveaux horaires de travail, notamment pour la mise en rayon. De l’autre, des consommateurs plus enclins à bénéficier d’une offre omnicanale, du drive en passant par le “click and collect”mais aussi plus familier avec les achats e-commerce.

Des faits confirmés par Laurent Alexandre, spécialiste des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle. Selon lui, “nous allons indéniablement vers une économie qui va être beaucoup plus numérique”. Plus numérique au niveau de la consommation, mais aussi plus numérique au niveau du travail. Au delà de la grande distribution, les mutations du travail vont concerner l’ensemble des secteurs d’activité, dont celui de la grande distribution, sous l’effet des contraintes sanitaires et des nouvelles façons de travailler, notamment via le télétravail. Le marché du travail sera modifié, et les salariés de ce que Laurent Alexandre appelle le “middle management” seront, pour certains menacés de licenciement. Néanmoins, en admettant que “l’intelligence artificielle et le numérique progressent plus vite que la robotique”, il reconnaît des limites à l’automatisation, notamment dans les secteurs non tertiaires. Une chose est sûre sous l’effet de la crise sanitaire “la numérisation de l’économie s’est beaucoup développée” et le monde de demain sera digital.

Le recours à l’automatisation privilégié dans la phase de déconfinement

À l’approche de la phase de déconfinement et alors que l’automatisation est apparue comme un outil de gestion de la crise sanitaire, Laurent Alexandre fait de celle-ci l’une des grandes mutations à venir. Selon ses propos : “Tant qu’il reste un risque virologique, nous préférerons avoir des machines que d’avoir des hommes”. Un recours à l’automatisation qui devrait donc se confirmer dans l’après confinement. D’autant plus que, selon lui, les oppositions syndicales, comme c’est le cas pour Amazon, devraient encourager certaines entreprises à recourir aux machines. D’une part, pour préserver les salariés des risques sanitaires, de l’autre pour s’engager de façon continue dans la phase de reprise économique. En insistant sur le fait que “les syndicats d’Amazon n’ont pas rendu service aux salariés”, il rappelle ainsi que le secteur de la logistique à travers les entrepôts est particulièrement propice à un développement de l’automatisation. Si l’on en croit l’engouement des Français pour le e-commerce, il est fort à parier que les géants du secteur seront sensibles aux avantages de l’automatisation quand il s’agira de juguler les tensions de la chaîne logistique.

La grande distribution particulièrement avancée sur le sujet de l’automatisation

Par ailleurs, la formule de Laurent Alexandre attestant de l’intérêt des machines dans le cadre de l’épidémie confirme en quelque sorte les efforts déployés depuis longtemps par la grande distribution. Au parcours client, le secteur a su intégrer l’expérience des technologies d’achat afin d’être toujours plus en phase avec les attentes des consommateurs. Des efforts accentués afin de s’adapter aux contraintes sanitaires tout en assurant un service d’alimentation à des millions de Français. En effet, les caisses automatiques, le paiement sans contact via la technologie NFC ou RFID, font partie de la panoplie des outils déployés par les enseignes afin de respecter les gestes barrières. Une organisation similaire au modèle d’ouverture dominicale des magasins proposé par l’enseigne Casino à ses clients. De ce point de vue, la grande distribution devrait être particulièrement apte, par rapport à d’autre secteurs, à accueillir la clientèle dans la période de déconfinement.

Les analyses portant sur la crise sanitaire et ses mutations donnent à voir et à réfléchir sur ce que sera le monde de l’après confinement. Pour le secteur de la grande distribution particulièrement, la consommation et le travail seront plus digitaux. L’expérience client et l’organisation du travail seront ainsi modifiées. Sur ce point, la grande distribution a tous les atouts nécessaires pour réussir un virage technologique majeur.

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