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« Acheter français » : la grande distribution a-t-elle tenu ses promesses ?

Au début du confinement, la grande distribution promettait de soutenir les producteurs français ébranlés par la crise sanitaire en achetant notamment leurs fruits et légumes. Cet engagement semble avoir été tenu et apporte ses résultats. Cependant, si la grande distribution souhaite s’engager sur le long terme auprès des producteurs français, l’offre doit se montrer à la hauteur de la demande.

La grande distribution engagée en faveur de la production nationale

Le confinement a fait naître de la part de la grande distribution de nombreuses initiatives solidaires afin de soutenir la production nationale. Les grandes surfaces se sont mobilisées et ont mis la main à la poche pour acheter des fruits et légumes tricolores, souvent plus chers que les produits importés de l’étranger.

Dans cet élan, le groupe Carrefour s’est engagé à vendre « des produits français » et ce, « jusqu’à épuisement des stocks ». Leclerc a entamé la même dynamique : « les centres E.Leclerc s’engageront complètement aux côtés des agriculteurs français ». Michel-Edouard Leclerc, PDG du groupe éponyme, assurait également que la présence des produits importés serait « anecdotique » dans ses rayons.

Du côté d’Intermarché, le groupe réitère son soutien aux filières agricoles françaises et souhaite favoriser la défense du pouvoir d’achat des Français. Ces engagements se concrétisent, entre autres, par le blocage des prix de 10 000 produits de marques nationales ou de de marques distributeur (hors rayons traditionnels, œufs, beurre et lait – et hors produits en promotion). Le Groupe Casino avait quant à lui par exemple décidé de soutenir les producteurs de Fourme de Montbrison en commercialisant le lait non utilisé destiné originellement à la fabrication de ce fromage.

Une mobilisation pérenne qui se poursuivra après la crise en fonction de l’offre

Après les appels du gouvernement à « consommer français », la mobilisation de la grande distribution s’est avérée décisive ces dernières semaines. Le secteur a donc répondu présent comme l’assure Luc Barbier, secrétaire général de la Fédération nationale des producteurs de fruits : « Ce ne sont pas que des effets d’annonce. Il y a vraiment eu un recentrage sur les achats d’origine France ».

Mais si l’envie y est, la production française est encore loin d’être auto-suffisante. La moitié des fruits et légumes consommés provient de l’étranger. Il est donc difficile pour la grande distribution de se contenter uniquement de la production française pour répondre à la demande.

Les consommateurs sont, eux aussi, sollicités dans ce mouvement de reconquête du « Acheter français ». Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a ainsi demandé un effort aux consommateurs dans le choix de leurs produits : « C’est comme cela que la machine va redémarrer », avait-il déclaré sur BFM.

La crise, un levier efficace pour changer ses habitudes de consommation ?

Le confinement a poussé les consommateurs à se tourner de plus en plus vers les circuits courts et les produits locaux. AMAP et marchés paysans ont le vent en poupe mais jusqu’à quand ? Luc Barbier considère lui que c’est par « l’acceptation sociale » que les comportements changeront durablement.

C’est vers ce nouveau modèle de consommation que le Président de la République souhaite tendre pour « rebâtir une indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française (…) » (allocution du 13 avril).

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