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Casino et E.Leclerc : les centrales d’achats souhaitent un retour à la normale rapide

Le temps du confinement a profondément changé les manières de consommer et de penser la grande distribution. Depuis le début de la crise sanitaire, certains fournisseurs ont dû adapter leurs lignes de production et leurs contrats avec les grandes enseignes pour assurer un service de distribution alimentaire continu. Cette période a entraîné la hausse de certains prix, des modifications de largeur d’offre et des soucis d’approvisionnement.

La fin d’une période de tolérance induite par le confinement

Alors que le déconfinement a commencé il y a quelques jours, fournisseurs et distributeurs doivent s’atteler à trouver des issues de secours et commencent à organiser l’après crise. Après E.Leclerc il y a quelques jours, Casino a adressé à ses fournisseurs une lettre appelant à un retour très rapide à la normale en matière d’approvisionnement aussi bien en termes de niveau de service que de largeur d’offre et de respect des tarifs. Selon les chiffres de part de marché, E.Leclerc a été mis en difficulté durant la période de confinement et le groupe a été l’un des premiers à adresser une lettre à ses fournisseurs leur demandant d’organiser un retour à la normale rapide. Selon Capital, les difficultés connues par le groupe entre le 19 mars au 15 avril sont imputables au mauvais approvisionnement des gammes de produits par les fournisseurs qui avaient réduit les références pendant le confinement.

Le 13 mai, la centrale d’achat de E.Leclerc, le GALEC, adressait dans un courrier la demande d’un retour aux conditions contractuelles :

“La situation exceptionnelle du mois de mars étant maintenant derrière nous, la demande et les comportements d’achat des consommateurs s’étant régulés et stabilisés, nous pouvons envisager ensemble les modalités d’un retour aux conditions contractuelles. Il est particulièrement essentiel à ce jour de retrouver des gammes complètes pour permettre aux magasins de répondre à la demande des consommateurs et de limiter l’impact économique de la crise Covid 19 pour les exploitations, lié aux restrictions de gamme qui occasionnent des pertes de chiffre d’affaires importantes. Le taux de rupture se dégrade fortement lors des dernières semaines”.

Le 19 mai, c’est la centrale d’achat AMC de Casino qui réclamait à son tour un retour aux taux de services habituels, mettant fin à la période de tolérance connue en mars :

“Depuis le 11 mai, il nous revient maintenant de relancer la consommation pour limiter l’impact économique de la crise qui touchera en premier lieu le pouvoir d’achat de nos clients. (…) A date, le temps de la réorganisation mise en oeuvre dès la mi-mars étant largement passé, nous constatons que les taux de service continuent d’être très fortement dégradés. (…) Ces situations ne peuvent pas perdurer car elles remettent en cause l’équilibre économique de nos accords annuels”.

Un retour à la normale selon un calendrier précis

Les changements de prix et les bouleversements de gammes de références ont des effets directs sur le chiffre d’affaires des enseignes. Avec le confinement, les taux de rupture et de service se sont fortement dégradés. Ce rappel apparaît comme une mise en garde dans l’intérêt de chacun. Casino et E.Leclerc souhaitent tous deux que les fournisseurs leur fassent parvenir un calendrier détaillant le retour à la normale des approvisionnements.

Le sujet de la hausse des prix, qui a notamment fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois, et qui a notamment été l’occasion de nombreuses fausses informations, est abordé dans chacune des lettres d’AMC et du GALEC. Pour E.Leclerc, il n’est pas question d’augmenter les prix de façon unilatérale pour compenser la hausse des coûts générée par la crise. Au contraire, le distributeur insiste sur un dispositif de “blocage des prix de certains produits de consommation courante au bénéfice des consommateurs”.

De son côté, l’AMC rappelle que “dans ce contexte, nous ne sommes pas en mesure d’accepter une modification automatique et unilatérale des conditions contractuelles et en particulier du prix convenu. Toute demande d’évolution du contrat doit faire l’objet d’un échange qui prendra en compte l’équilibre économique initial, les mesures mises en place de part et d’autre et les éléments justifiant une éventuelle évolution, ainsi que l’annonce des pouvoirs publics du 28 février 2020 accordant le caractère de force majeure à la pandémie « 

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