Magasins La Halle

Quel repreneur pour les magasins La Halle ?

Placée en redressement judiciaire, l’enseigne La Halle, propriété du groupe Vivarte, a réuni, jeudi 11 juin les organisations syndicales représentatives afin d’évoquer les différentes offres de reprise et le sort des 5 809 salariés de l’enseigne d’habillement. Résultat, dans le cadre de la procédure de sauvegarde, vingt-cinq offres ont été déposées.

La Halle, un redressement judiciaire précipité par la crise du Covid-19

La Halle qui compte près de 860 magasins dans l’Hexagone, a été placée en redressement judiciaire par le groupe Vivarte, le 2 juin dernier. Plus d’un mois après une procédure de sauvegarde lancée le 21 avril par le tribunal de commerce de Paris. La crise sanitaire, après les conséquences économiques du mouvement des Gilets Jaunes et de celui contre la réforme des retraites, est venue fragiliser encore un peu plus les performances économiques déjà exsangues de l’enseigne, à tel point que le groupe Vivarte a décidé de s’en séparer.

La crise du Covid-19 aura eu raison du plan de restructuration menée par l’enseigne de prêt-à-porter depuis 2 ans. Plus encore, en février dernier, la direction de la Halle présentait un plan de réorganisation visant à supprimer 101 emplois au siège et dans son entrepôt d’Issoudun dans l’Indre. Justifiant que “la dégradation continue du marché de l’habillement et de la chaussure” a motivé l’entreprise dans sa volonté de “poursuivre et d’accélérer le plan global de relance de son activité et d’adaptation de son modèle économique qui avait été engagé en 2017”. Une décision qui suffit à témoigner des difficultés économiques auxquelles est confrontée l’enseigne depuis plusieurs années, et ce, malgré les nombreux efforts opérés sur les coûts via une restructuration de l’activité.

Le coût financier de la crise du Covid-19, chiffré à 106 millions d’euros de chiffre d’affaires selon la direction de l’entreprise, et son échec quant à l’obtention d’un prêt garanti par l’État, ont précipité une décision qui apparaissait comme inéluctable à bien des égards.

Les syndicats réunis pour étudier les offres d’éventuels repreneurs

Alors que plus de 5 000 emplois sont en jeu, l’enseigne a réuni l’ensemble des organisations syndicales représentatives afin d’évoquer les vingt-cinq offres de reprise partielle ce jeudi 11 juin. Dans un communiqué, l’enseigne précise que « la combinaison des différentes offres permettrait de reprendre 607 magasins, soit une centaine de plus que ce qui avait été annoncé lors du premier dépôt, et de préserver près de 4 036 emplois, dont 3 836 en magasin et 150 au siège ».

Parmi les repreneurs les plus sérieux, et qui auraient les faveurs de l’enseigne La Halle, figurent plusieurs mastodontes français de l’habillement. Le groupe Beaumanoir, propriétaire de Cache-Cache et Bonobo, mais aussi Chausséa, Besson ou Gémo auraient manifesté un intérêt quant à la reprise des magasins de l’enseigne. Respectivement, ils s’engagent à racheter 370, 158, une soixantaine et une vingtaine de magasins.

Enfin, l’enseigne de la grande distribution Lidl a proposé une offre visant à faire l’acquisition de 65 magasins pour les transformer en supermarché. Une dernière option, qui ne semble pas convaincre les syndicats, en témoignent les propos d’un syndicaliste qui se demande : “Est-ce que des salariés du prêt-à-porter auront envie d’aller bosser pour la grande distribution ?”. Parmi les nouvelles offres, les enseignes de distribution Carrefour et Aldi viennent également de se positionner.  Concernant les deux entrepôts de La Halle, situés à Châteauroux et Issoudun, aucune offre de reprise, si ce n’est pour de l’entreposage, n’avait été formulée lors de la première vague d’offres. Une situation qui avait de quoi inquiéter les salariés de la logistique, comme l’a rapporté Karim Cheboub, secrétaire syndical (CGT) du comité social et économique de l’entreprise. Au lendemain de la nouvelle concertation avec les syndicats, deux offres ont été formulés pour les entrepôts de l’enseigne.

Pour La Halle l’enjeu est donc de trouver, en concertation avec les syndicats, la bonne combinaison d’offres afin de sécuriser un maximum d’emplois. Nul doute que celles des enseignes de la grande distribution seront regardées avec intérêt.

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