Le rideau de fer va tomber pour de bon pour Tati à Barbès

La crise a impacté de plein fouet de nombreux secteurs, et certaines enseignes peinent à se relever. L’emblématique magasin Tati du quartier de Barbès, à Paris, fait partie de ces magasins qui ne sont pas parvenus à s’en remettre. Alors qu’il était le dernier en France, Tati a annoncé dans un communiqué de presse que le magasin allait fermer. 

70 ans d’histoire 

Ouvert en 1948, au coeur du quartier populaire de Barbès, le premier magasin Tati a immédiatement réussi son pari de s’imposer comme le lieu du “bon marché” de référence. Rapidement, le magasin apparaît comme la référence en matière de bazar et textile à bas prix : les clients sont au rendez-vous et l’enseigne s’impose comme un lieu mythique du quartier parisien. D’autres magasins ouvrent en France et la marque s’installe même à l’étranger : au Maroc, en Tunisie et en Arabie Saoudite. Mais cette réussite a laissé place à une période plus compliquée pour l’enseigne ou l’on trouve “de tout”. En 2017, le groupe GPG, aussi propriétaire de Gifi, rachète l’affaire pour “sauver 1.400 emplois destinés à disparaître ». 

S’en sont suivis de nombreux épisodes compliqués pour l’enseigne “aux prix bas”. L’année dernière, Challenges consacrait d’ailleurs un article sur la crise existentielle à laquelle devait faire face l’enseigne en France. Alors que de nombreux magasins commençaient à passer sous le nom de Gifi, Philippe Ginestet décida de conserver celui de Barbès, espérant “drainer les aficionados de l’enseigne sur l’adresse originelle” et misant sur le concept de magasin unique.  

Un déclin rapide

“Tati n’a pas vu le retour de ses clients vers son centre historique de Barbès”. Après avoir grandement souffert des épisodes de grèves de décembre, la crise du covid-19, sanitaire et économique, a eu raison du dernier magasin Tati de France. Dans un communiqué de presse, l’enseigne explique avoir “accusé une baisse de 60% de ses ventes entre le 1er octobre 2019 et le 31 mai 2020 par rapport à la même période l’année précédente”. Des résultats en nette diminution, donc, qui contraignent les dirigeants à “envisager la fermeture définitive du magasin de Barbès”. 

Cependant, l’enseigne a souhaité prendre des mesures pour assurer la sauvegarde de l’emploi de ses salariés. Cité dans le communiqué de presse, Thierry Boukhari directeur général du groupe GPG, explique que seront mises en place des procédures “d’accompagnement des 34 collaborateurs concernés dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE)”. 

A l’image du traitement par la presse de l’information, largement relayé dans l’écosystème médiatique, l’annonce surprend et déchaîne des passions. Il est certain que l’avenir des locaux, boulevard de Rochechouart, restera sous le feu des projecteurs pendant de nombreuses semaines. 

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