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La grande distribution pourra-t-elle fournir suffisamment de masques, désormais obligatoires dans les lieux clos ?

Obligatoires dans les lieux clos depuis le 20 juillet 2020 en raison de la recrudescence de cas de Covid-19 en France, les masques se sont vendus par milliers ces dernières semaines. La grande distribution pourra-t-elle répondre à la demande des Français ?

La grande distribution sur le pont ?

En raison de l’apparition de nouveaux clusters et de l’augmentation du nombre de cas de Covid-19 aux quatre coins de la France, le nouveau Premier ministre, Jean Castex, a annoncé l’obligation du port du masque dans les lieux clos à partir du lundi 20 juillet 2020. Le Ministère des Solidarités et de la Santé a publié sur son site officiel la liste exhaustive des lieux concernés, comprenant : salles d’auditions, de conférences, de réunions, de spectacles ou à usage multiple, y compris les salles de spectacle et les cinémas, restaurants et débits de boissons, hôtels et pensions de famille, salles de jeux , établissements d’éveil, d’enseignement, de formation, centres de vacances, centres de loisirs sans hébergement, bibliothèques, centres de documentation, etablissements de culte, établissements sportifs couverts, établissements de plein air, chapiteaux, tentes et structures, hôtels-restaurants d’altitude, établissements flottants et refuges de montagne.

En cas de non-respect, l’individu s’expose à une amende de 135 €. Une nouvelle qui n’a pas bousculé le secteur de la grande distribution, dont une grande partie des enseignes demandaient déjà le port du masque dans leurs établissements.

Dans la grande distribution, les masques sont obligatoires depuis un certain temps. Les enseignes peuvent même permettre à leurs clients d’acheter un masque à l’entrée de l’établissement si celui-ci n’en possède pas. L’intérêt n’étant pas d’empêcher les consommateurs d’entrer dans le magasin, mais le port de masque s’avère rassurant pour les employés de la grande distribution qui ont pu constater une baisse des gestes barrières ces dernières semaines. Toutefois, la grande distribution pourra-t-elle répondre à la demande ?

Les ventes de masques ont rapporté près de 175 millions d’euros en 2020, selon une étude Nielsen. Elles ont été particulièrement intenses une semaine avant le déconfinement et à l’issue de sa première semaine, mais ont peu à peu ralenti au fil des semaines avant de se stabiliser fin juin et ont recommencé à augmenter la seconde semaine de juillet. Face à cette nouvelle loi, les autorités l’assurent: il n’y aura pas de pénurie de masques. Les enseignes ont fait des stocks, la grande distribution a réuni plusieurs centaines de millions d’exemplaires et ne rencontre aucun problème de ravitaillement pour le moment. Une situation aux antipodes de celle rencontrée au début de la crise sanitaire. Masques en tissus ou en papier, les enseignes ont tourné à plein régime et sont parfaitement préparées à répondre aux besoins de cette nouvelle règle.

Les masques victimes de leur succès durant la crise

L’inquiétude des Français n’est pas anodine. Au début de la crise sanitaire, en mars, les Français ont pu constater le manque de matériel de protection, et notamment de masques, face au Covid-19. Alors qu’en janvier Agnès Buzyn annonçait qu’il n’y aurait pas de pénurie de masques, en mars Emmanuel Macron demande la réquisition de tous les masques et protections pour les fournir aux soignants. Les Français ont pu constater le manque d’équipements dans les hôpitaux. Alors que la France possédait plus d’un milliard de masques il y a 10 ans, elle n’en possédait plus que 110 millions au moment de la pandémie. Les masques sont alors réservés aux personnels de la santé, et sont largement introuvables pour les particuliers. Par la suite, une nouvelle controverse a vu le jour.

Une semaine avant le déconfinement, il est annoncé que la grande distribution sera en mesure de vendre des masques aux Français. Accusé de posséder des “stocks cachés”, le gouvernement est obligé de démentir cette rumeur. Les consommateurs craignent une nouvelle pénurie chez les enseignes ou des prix trop élevés, bien que celle-ci soit vivement contrôlée. La grande distribution a ensuite été privilégiée par les Français pour l’achat de masques : 11 % se seraient procuré des masques en grande surface alimentaire. Le bilan fut, malgré tout, positif. Le gouvernement a encadré le prix de vente des masques en question vendus à 60 centimes l’unité (pour un masque papier à usage unique). La grande distribution, secteur clé de la lutte durant la crise sanitaire, semble remplir son rôle et sa mission dans la gestion de cette crise sanitaire et continuera donc à le faire dans les semaines qui viennent.

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