Vaches

Intermarché et Danone veulent soutenir les circuits courts

Certains acteurs de la grande distribution – distributeurs ou industriels – lancent des initiatives en faveur des circuits courts. Intermarché et Danone veulent s’engager pour les éleveurs laitiers -longtemps dépendants des canaux traditionnels- afin de valoriser la transformation de leur lait et s’assurer de nouveaux débouchés. Tour d’horizon des initiatives des deux groupes dans le secteur agroalimentaire.

Intermarché lance « Née d’une seule ferme », une marque de yaourts engagée

Au cours du Salon International de l’Agriculture, Intermarché et quatre associés ont dévoilé un partenariat inédit : la marque « Né d’une seule ferme ». André Bonnard, fondateur de « Né d’une seule ferme » explique que cette initiative a pour but « d’apporter un complément de revenu aux fermes qui en ont besoin et en aucun cas à devenir un business model exclusif ».

Pour le moment, une ferme en Haute-Marne (52) et une autre dans le Rhône (69) ont pris part au projet. « Né d’une seule ferme » offre ainsi la possibilité aux producteurs de ne pas investir massivement dans les outils de transformation, souvent coûteux. Toutefois, le producteur devra transformer au minimum 50 000 litres de lait par an afin d’être rentable. 

Favoriser les circuits courts et l’environnement

C’est dans un rayon de 150km de la ferme que les produits sont commercialisés, indique André Bonnard. Danone achète alors les yaourts aux producteurs à hauteur de 550€/1 000 litres de lait, ce qui correspond à 61% du prix du produit en magasins. Un prestataire se charge ensuite de récupérer plusieurs fois par semaine les yaourts et les envoie sur une des 16 bases logistiques d’Intermarché. 

Répartis dans les magasins de la zone, les yaourts intègrent une gamme de six parfums. La liste d’ingrédients est très courte (fermets, lait, confiture avec des fruits provençaux, et extraits de vanille et de citron) et les pots sont fabriqués avec du plastique recyclé à hauteur de 40%. Un flashcode, qui permet de se renseigner sur la traçabilité du produit, est placé sur l’opercule. 

À ce jour, 200 candidats seraient intéressés par la marque qui a pour ambition d’installer 150 yaourteries fin 2020-début 2021 pour atteindre 90 les deux ans plus tard. Une yaourterie est fabriquée chaque semaine mais si le rythme augmente, une autre levée de fonds est envisagée par le fondateur.

Les salariés de Danone poursuivent leurs initiatives en faveur des circuits courts

C’est à l’initiative de plusieurs salariés de Danone qu’est née, il y a trois ans, la marque Les 2 Vaches, la filiale bio du groupe. Christophe Audouin, directeur général de Les 2 Vaches avait identifié « un problème de pérennité et de résilience du modèle à court terme ». Trouver une solution pour éviter la dépendance des éleveurs était un enjeu majeur pour lui. 

« Simple comme bonjour ». C’est le nom du nouveau projet amorcé par la firme, un outil de transformation pour la production laitière. Vingt associés de Danone forment la structure du business model et détiennent 49% de la SARL du fermier qui y souscrit. Ce dernier garde le reste, soit 51%.

Cet outil, qui devrait être installé et testé dans un magasin Leclerc d’Aurillac en août, pourra produire des yaourts brassés bio nature, conditionnés en poche de 5 kilos, pour un volume de 50 000 litres/an (10% de la collecte). Le producteur devra quant à lui produire entre 7 et 10 kilos de yaourts par semaine pour que le projet soit viable. Avec une distribution de 80km au maximum de la ferme, ces poches seront livrées dans les points de vente vendant des produits en vrac. Ces initiatives en faveur des circuits courts offrent ainsi de belles perspectives pour l’avenir des producteurs. 

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