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Courses et consommation dans le monde du Covid : quelles évolutions et quelles nouvelles habitudes ?

Michel-Edouard Leclerc, PDG du leader de la grande distribution française, avait très récemment affirmé à nos confrères de Capital que la pandémie n’avait été qu’une parenthèse qui n’augurait en rien de ce que l’avenir réserve au secteur sur le long terme. Force est de constater qu’elle a pourtant eu des effets immédiats sur les modes de consommation, et ce partout dans le monde. Zoom sur ces tendances qui animent les rayons à la suite de la crise sanitaire.

Un premier bilan des semaines de l’après-confinement

Une consommation inchangée ? Il ne fallait pas y compter au sortir de la crise qui a redéfini le parcours client et les décisions qu’il peut prendre en rayon. Parmi les changements les plus visibles, nous pouvons citer la digitalisation des courses (progression de 80% de l’activité des drives E. Leclerc dans certains points de vente), la demande plus importante en produits surgelés, la baisse des ventes de sandwichs et autres produits pour un déjeuner rapide en raison du télétravail… Le point le plus significatif réside certainement dans le maintien de certaines tendances de consommation présentes avant la crise, mais qui se sont renforcées pour des raisons toutes autres…

Car en s’intéressant davantage à ce que l’on trouve dans les caddies à la sortie des supermarchés, on note que les produits bio et locaux y sont de plus plus en plus présents. Un fait peu surprenant lorsque l’on voit l’importance que revêtaient déjà la cause animale, le souci écologique et le soutien aux circuits de proximité avant la pandémie. C’est pourtant la crainte de voir son système immunitaire amoindri et d’être exposé au coronavirus qui incite les consommateurs à acheter actuellement des produits nationaux qu’ils estiment être bons pour leur santé physique. La barrière qu’avait constitué le prix jusque-là n’est plus aussi clivante à présent car les consommateurs sont prêts à débourser davantage pour se prémunir de tout risque potentiel.

Des comportements d’achats toujours très divers

De façon paradoxale, nombreux sont également les consommateurs qui se sont tournés pendant et après le confinement vers des aliments gras ou sucrés pour y trouver du réconfort. Bloomberg avait d’ailleurs annoncé que le mois de mars avait vu les ventes de pop-corn augmenter de 48% et celle de chips de 30%. Pour ne pas se laisser aller à la morosité d’un quotidien altéré, et ce parfois pour le pire (chômage partiel, névroses et angoisses…), il est fréquent que certaines personnes se tournent vers des aliments qui ravissent les papilles à défaut d’être bons pour la santé.

De plus, bien que certains consommateurs soient prêts à accorder un budget plus important aux dépenses en lien avec l’alimentation, d’autres se trouvent dans la nécessité de réduire les leurs à cause d’un resserrement de leurs revenus. Il s’agit d’une problématique à laquelle certains groupes tentent de remédier.

Il y aurait donc bien deux poids, deux mesures et des comportements toujours très différents selon les consommateurs et selon les marchés, et bien que nous ne sachions pas encore si ces changements sont là pour durer, la grande distribution devra s’employer à concilier des problématiques parfois contradictoires sur le papier comme l’affirmait par exemple Matthieu Riché, directeur RSE du groupe Casino.

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