Plateau de viande

Bientôt de moins en moins de viande dans nos assiettes ?

Au sortir de la crise, les Français s’arrachaient la viande bovine bio. Pourtant, la FAO prévoit pour l’année prochaine un recul de la consommation mondiale de viande d’au moins 3% à travers le monde. Ce n’est pas si surprenant puisqu’elle avait déjà était affectée d’une baisse de 5% depuis 2018, et parce que les nouvelles tendances en termes de consommation tendent à marginaliser graduellement la place que la viande occupe dans nos menus au quotidien. Zoom sur les raisons d’un tel revirement.

Des raisons purement économiques

La crise sanitaire a eu des retombées catastrophiques pour certains ménages : chômage partiel, diminution des revenus… Beaucoup de consommateurs ont pu se rendre compte durant le confinement de l’impact que pouvait avoir leur alimentation sur leur budget : manger local, manger bio et manger de la viande peut revenir cher. Il n’est donc pas forcément question d’une diminution du nombre de personnes appréciant la viande mais d’une contrainte purement financière et conjoncturelle.

A l’échelle mondiale, le marché de la viande a également beaucoup souffert de la fermeture des restaurants, lieu de consommation privilégié des produits carnés, mais aussi des polémiques autour de l’hygiène dans les marchés chinois, représentant à eux seuls 40% de la consommation mondiale de viande de porc.  

Une transformation des mœurs par vague

Les mouvements qui préconisent une consommation moindre si ce n’est un retrait total de la viande de nos assiettes sont nombreux et diversifiés. Les végétaliens ou vegan s’astreignent à un régime qui exclut tout produit d’origine animale (produits laitiers, œufs… compris). Enfin, c’est la vague flexitarienne qui s’est popularisée récemment. Dans ce dernier cas, il ne s’agit pas de s’interdire quoique ce soit mais d’avoir une alimentation saine et raisonnée en limitant notamment sa consommation de viande. Derrière ce modèle se cachent souvent des considérations écologiques ou médicales (l’OMS avait affirmé en 2015 que l’excès de viande rouge pouvait jouer un rôle dans l’apparition du cancer chez les hommes en particulier).

Elle avait déjà tapé du poing sur la table lorsque certaines marques s’étaient appropriées l’appellation « steak » pour désigner des produits protéiques ne contenant que des aliments d’origine végétale. D’une part, les représentants de la filière s’étaient offusqués d’une telle pratique qu’ils considéraient être un acte de concurrence déloyale. D’autre part, les associations dédiées à la protection des droits des animaux avaient étaient surprises de la décision du gouvernement qui avait abondé dans le sens de la filière de la viande au motif d’une nécessité de transparence.

Avec ces nouvelles tendances de consommation et la réduction du budget alloué par les ménages à leur alimentation, la filière peut compter, comme le disait le directeur RSE du groupe Casino Matthieu Riché, sur les clients qui ont pendant le confinement décidé de consommer de façon plus vertueuse en déboursant davantage pour manger local et bio.

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