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De la poire d’argentine dans un magasin U de la Drôme

La région des poires en voit des vertes et des pas mûres. Des fruits en provenance d’Argentine ont été vendus dans un supermarché U à Saint-Sorlin-en-Valloire dans la Drôme. Une situation jugée inacceptable par un arboriculteur qui souhaite attirer l’attention sur la condition des producteurs tandis que l’enseigne de grande distribution assure soutenir les producteurs français depuis la première heure. 

Des poires venues d’Argentine dans les étals d’un supermarché U provoquent la colère

 La vente de poires venues d’Argentine dans un supermarché U à Moras-en-Valloire met le feu aux poudres. Pour cause, la région de la Drôme, surnommée « le pays de la poire », dispose de vastes vergers où les poires poussent en profusion à quelques mètres dudit magasin. C’est sur la toile que l’arboriculteur Joris Miachon en a profité pour exprimer son mécontentement face à la situation des agriculteurs français le samedi 8 août. Dans un tweet, Joris Miachon pointe du doigt la direction de l’enseigne : « En plein coeur d’une zone de production, vous n’avez pas honte de proposer de la poire d’Argentine ?  » 

Révolté, l’agriculteur et représentant syndical de la branche jeunes de la « Coordination rurale » partage les conditions difficiles sous lesquelles ils doivent travailler pour récolter les fameuses poires :  » On est en plein dans la région de la poire, nos employés se bagarrent par 45 degrés pour cueillir les poires en ce moment à quelques mètres du supermarché. » 

Une situation d’autant plus préoccupante selon lui, puisqu’il s’agit actuellement du moment de la récolte des poires dans la région. Vendues à plus de 3 euros le kilo, les poires venues d’Argentine sont au-dessus du prix des fruits français vendus environ 2 euros le kilo, indique Joris Miachon. Le prix n’aurait donc pas pesé dans la balance.

« Privilégier au maximum les producteurs français et locaux »

« Habituellement, il n’y a pas de volumes français à cette période. » C’est ce qu’a affirmé Stéphane Fernandez, PDG du supermarché U de Saint-Sorlin-en-Valloire. Selon la direction du supermarché, cette situation est due à la récolte précoce des poires dans la région cette année. Il était donc nécessaire de vendre dans un premier temps la totalité des stocks des poires importées avant de faire appel à la production française

Récoltées en septembre, les poires françaises devaient remplir les étals bien plus tard, assure la direction de l’enseigne avant d’ajouter qu’elle « privilégie au maximum les producteurs français et locaux », qui représentent 90% de leurs fruits et légumes.

Pour de nombreux observateurs, certains acteurs de la grande distribution n’auraient pas joué le jeu du « consommer local » sur le long terme. Ils déplorent l’effet de mode autour des produits locaux pendant la crise et le ralentissement qui s’en est suivi. Si le Ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, appelait les enseignes à soutenir la production française, de nombreux producteurs estiment qu’il y a encore du chemin à parcourir pour les centrales d’achats et les grandes enseignes. Il les invite ainsi à prendre leurs responsabilités pour soutenir les agriculteurs et leur permettre une rémunération au juste prix. 

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