Magasin Carrefour

Les hypermarchés Carrefour en difficulté malgré la reprise de la consommation

Malgré le souci qu’elle accorde à l’amélioration de ses services depuis le déconfinement, Carrefour ne parvient pas à rétablir la situation dans ses hypermarchés. Certains distributeurs ont eux aussi subi un ralentissement de leur activité et certains formats de magasins en subissent plus directement les conséquences.

Carrefour veut dépasser la crise

Ecologie, bien-être animal et solidarité nationale s’ajoutent à la longue liste des défis que tente de relever Carrefour, tout en instaurant les leviers nécessaires à sa reprise. Ses pertes sont majoritairement dues à l’interdiction durant le confinement de vendre des produits autres que de première nécessité : les vêtements, les fournitures… tout ce sur quoi les plus grandes surfaces dégageaient des marges importantes a été proscrit des rayons. Bilan des courses : au sortir de la crise, ce ne sont pas moins de 56% des hypermarchés Carrefour qui étaient déficitaires.

Carrefour tente tant bien que mal de s’adapter aux nouvelles tendances en mettant l’accent sur l’écologie (utilisation d’emballages biodégradables), sur la vente de produits d’occasion (via un partenariat avec Cash Converters à qui la marque a réservé des espaces dans ses hypermarchés parmi les plus grands) ou encore sur la digitalisation des services (prise de rendez-vous en caisse, partenariat avec Uber pour la livraison à domicile) de sorte que les clients limitent au maximum les contacts avec autrui et soient rassurés.

La marque souffre également dans les dernières semaines d’une mauvaise passe en matière de communication et de crises : entre invendus retrouvés dans les bois et découverte macabre d’un cadavre dans une antenne brésilienne, les initiatives du groupe passent plutôt inaperçues.

Heureusement pour Carrefour, ses filiales étrangères (notamment au Brésil et en Espagne) ont permis un accroissement de son chiffre d’affaire de plus de 7%, ce qui nous laissait penser que le groupe se portait mieux que bien au sortir de la crise.

Un bilan décevant

Le PDG Alexandre Bompard a indiqué à de nombreuses reprises que le groupe avait su se réinventer durant la crise pour proposer encore aujourd’hui des alternatives adaptées aux besoins d’une clientèle encore méfiante. Les chiffres abondent en effet dans ce sens mais lorsque l’on s’intéresse plus particulièrement à sa situation à l’échelle nationale, le constat est moins reluisant.

La chaîne d’hypermarchés a vu ses ventes en France diminuer de 3,6% au cours du second trimestre et son chiffre d’affaire aurait chuté quant à lui de 12,6%. Si la direction affirme que ce n’est là que l’effet d’une reprise lente du trafic commercial, il reste que la concurrence parvient à avoir des résultats tout à fait satisfaisants de son côté : 148 millions d’euros de chiffre d’affaire pour Casino durant le premier semestre de l’année 2020 contre 125 seulement pour Carrefour.

La situation du géant de la distribution n’est donc pas au beau fixe, d’autant plus que le groupe comptait déjà à son actif 104 hypermarchés dans l’incapacité de financer leurs frais de fonctionnement l’année dernière. Les dernières semaines et les prochains mois pourraient néanmoins bien permettre au groupe, et particulier à ses hypermarchés, de redresser la barre. L’avenir le dira.

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