Tabac presse

Les buralistes s’engagent dans la transformation de leur métier

En ville ou à la campagne, les buralistes sont présents parfois depuis des générations, mais souffrent, aujourd’hui, de divers maux : augmentation du prix du tabac, digitalisation de la presse… Panorama des nouvelles missions commerçants à la carotte, qui comptent bien réussir la transformation de leur métier.

Le premier réseau de commerçants de proximité

Les buralistes subissent depuis plusieurs années une décrue de leurs chiffres d’affaires et de nombreuses fermetures. En 2019, la dernière usine de traitement des feuilles de tabac fermait ses portes. Alors que le gouvernement insiste sur les questions de santé publique, les buralistes, eux, s’inquiètent pour leur avenir. Et si la courbe du nombre de fumeurs en France restait relativement stable depuis plusieurs années, elle connaît une forte baisse depuis 2016, avec 1,6 million de Français qui auraient depuis arrêté de fumer. 

Plusieurs raisons sont à l’origine des transformations pour le secteur. L’augmentation du prix du tabac tout d’abord, dont les premiers paquets ont atteint les 10€ en mars 2020, a effectivement réduit le nombre de consommateurs, qui représente leur activité principale. De plus, les prix du tabac n’étant pas harmonisés au niveau européen, à chaque augmentation du prix des paquets de cigarettes, des milliers de Français vont rapidement s’approvisionner dans les pays frontaliers proposant le produit à moitié prix. Durant le confinement, les buralistes ont constaté une hausse des ventes de tabac allant jusqu’à 40% en raison de la fermeture des frontières. Tout autant de consommateurs perdus lorsque celles-ci sont ouvertes. L’explosion du trafic de rue et de la contrebande est également responsable de cette baisse. Enfin, l’arrivée de la cigarette électronique et des magasins spécialisés renforce cette baisse de fréquentation. Mais la cigarette est loin d’être la seule responsable, car la rentabilité de ces bureaux de tabac se fait autour de la multiplicité des produits grâce à ce produit d’appel.

Autre service souffrant de la digitalisation : la presse. Depuis plusieurs années, les ventes de presse papier ont largement décru. Bien que le gouvernement ait souhaité mettre en place une déductibilité fiscale sur les abonnements pour la presse informative, ce qui avantagerait la presse, cela représente une perte de plus pour les buralistes. La digitalisation de la presse combinée à une hausse du nombre d’abonnements entraîne logiquement une baisse des ventes au comptoir.

Se réinventer, une nécessité pour les buralistes

Dans les grandes villes, comme les campagnes, les buralistes représentent un lieu de lien social dans lequel les habitants se croisent, regroupant de nombreux services tels que le dépôt de pain, de bureau de poste et parfois même l’épicerie. Pour pallier la baisse de fréquentation de leurs établissements, les buralistes diversifient leur activité, encouragés par les pouvoirs publics pour qui la fermeture de ces bureaux de tabac représente un abandon des territoires. 

Il est par exemple désormais possible d’ouvrir un compte bancaire dans certains bureaux de tabac. Depuis plusieurs mois, des buralistes partenaires permettent à leurs clients d’ouvrir des comptes bancaires Nickel, une alternative aux banques traditionnelles ouverte à tous à partir de 12 ans, sans condition de revenus et sans possibilité de découvert ni de crédit. Un système qui a rapidement conquis les Français, notamment pendant le confinement, lorsque les bureaux de tabac étaient ouverts au détriment des banques. Les consommateurs vantent un système humain, pratique et disponible. Les clients peuvent venir chercher, déposer des chèques, et même utiliser le sans contact. 

Cartes postales, cigares, souvenirs, bougies, peluches… Les buralistes tendent aujourd’hui vers les drugstores en proposant une multitude d’articles afin de répondre aux différents besoins du consommateur. Restructurer ces commerces en développant l’achat d’impulsion, mais pas uniquement. Aujourd’hui, les commerçants à la carotte s’inscrivent dans une démarche multi-services dans laquelle il est possible d’aller chercher et déposer un colis, de changer des piles de montres, ou encore payer ses impôts. Malgré une diminution de leur activité et la fermeture de plusieurs établissements, les buralistes croient en l’avenir de leur métier, sous un nouvel angle.

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