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Le feu vert donné au méga-entrepôt d’Amazon à Ensisheim passe mal en plein confinement

La préfecture du Haut-Rhin devrait autoriser ce jeudi 5 novembre la construction de l’entrepôt géant d’Amazon situé à Ensisheim. Une annonce polémique alors que le débat enfle sur la manière dont le géant du commerce en ligne tirerait avantage de la fermeture des commerces physiques.

C’est une annonce dont le timing laisse quelque peu songeur. Alors que l’incompréhension et le sentiment, diffus, de colère ne se sont toujours pas dissipés, après la décision du gouvernement d’interdire la vente de produits non-essentiels en grandes surfaces et de faire fermer les petits commerces, l’autorisation que la préfecture du Haut-Rhin pourrait accorder ce jeudi 5 novembre ne devrait pas faire retomber la polémique autour du caractère prétendument avantageux de ces décisions pour le géant du e-commerce Amazon. 

“Une autorisation qui intervient alors que les commerces physiques connaissent une crise sans précédent” dénoncent les Amis de la Terre

Selon la Fédération des Amis la Terre, une ONG internationale, engagée dans la protection de l’environnement, la construction très contestée du méga-entrepôt de la firme de Seattle à Ensisheim (Haut-Rhin) devrait finalement recevoir un feu vert des services de l’Etat. L’arrêt du préfet serait aujourd’hui déjà signé rapporte le média écologiste Reporterre, mais ne devrait être officialisé que jeudi matin, après un ultime passage devant le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques.

Si le projet rencontre déjà depuis plusieurs mois l’opposition des associations de riverains et des défenseurs de l’environnement, en raison de la bétonisation de terres agricoles et des émissions des véhicules qui desserviront le site, son autorisation en plein confinement redonne du grain à moudre à ses opposants. Outre l’impact écologique du projet, ceux-ci soulignent également ses conséquences économiques délétères. “L’autorisation intervient alors que les commerces physiques connaissent une crise sans précédent. 150.000 à 300.000 emplois sont déjà menacés du fait du premier confinement et des réactions en chaîne provoquées par leur fermeture” s’indignent les Amis de la Terre dans un communiqué.

Timing embarrassant pour le gouvernement

Le timing de cette annonce, lui, pourrait se révéler plus qu’embarrassant pour le gouvernement. Depuis le début du reconfinement, celui-ci réfute qu’Amazon puisse être le grand gagnant de ses décisions. Allant jusqu’à demander aux Français de boycotter le site de Jeff Bezos durant le confinement (Jean Castex), ou à se féliciter de la suspension d’une campagne de promotion du Black Friday par le e-commerçant (Agnès Pannier-Runacher).

Désireux de ne pas apparaître faire le jeu des GAFAM alors que les petits commerçants et la grande distribution accusent le coup des restrictions de toute sorte, les membres du gouvernement avaient très vite cherché à déminer la crise naissante avec les distributeurs. En soulignant, à la suite de Cédric O, Secrétaire d’État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, qu’Amazon, ne saurait être mis sur le banc des accusés, puisque l’entreprise américaine ne représenterait que 20% du e-commerce en France. 

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