Alors que les grandes enseignes adoptent la vente de vêtements d’occasion, la crise sanitaire pourrait bien davantage profiter aux acteurs de la vente en ligne

Depuis ces dix dernières années,les consommateurs se tournent de plus en plus vers l’achat de vêtements de seconde main. Une tendance sur laquelle la plupart des grandes enseignes de la distribution se sont greffées au cours des derniers mois. La règles gouvernementales émises sur la vente de produits estimés “non-essentiels” pourrait toutefois remettre en cause cette stratégie, avec une prime accordée à la vente en ligne. 

La vente de vêtements d’occasion, une tendance qui s’est largement amplifiée ces dix dernières années 

Selon l’Institut français de la mode (IFM), les Français sont de plus en plus nombreux à plébisciter l’achat de vêtements d’occasion. Tandis qu’en 2009 ils n’étaient que 15% à affirmer avoir procédé à un achat d’un vêtement d’occasion au cours de l’année, ils auraient été près de 40% à l’avoir fait en 2019. Une croissance devenue exponentielle entre 2018 et 2019, avec une multiplication par deux sur cette seule période. En outre, 20% des personnes interrogées par l’IFM en octobre 2019 déclaraient acheter davantage de vêtements d’occasion que de vêtements neufs. 

Une évolution majeure des tendances de consommation observée sur dix ans, accompagnée par l’émergence d’acteurs spécialisés du secteur, sur un marché pesant déjà plus d’un milliard d’euros en 2018. On peut évidemment citer le pure-player basé en Lituanie Vinted, créé en 2008 et aujourd’hui leader de la vente en ligne de vêtements d’occasion en France avec 12,5 millions d’acheteurs dans l’hexagone en 2020

Des adaptations d’acteurs de la grande distribution mises à mal par la crise sanitaire, qui devrait une nouvelle fois profiter à la vente en ligne 

Les grands acteurs de la distribution tels qu’Auchan, E. Leclerc, Système U, Cora ou encore Carrefour n’ont pas souhaité être en reste. Auchan semble avoir une marge d’avance sur ses concurrents qui a fait son entrée sur le marché de la vente de vêtements d’occasion en février dernier. Avant les règles gouvernementales frappant la vente de produits dits “non-essentiels”, trente hypermarchés Auchan avaient ouvert des corners de vente de vêtements de seconde main, avec pour objectif une centaine d’hypermarchés proposant ce service d’ici mars 2021. Même mouvement observé chez Système U, avec 5 magasins tests et chez Carrefour sur six de ses points de vente. Selon Le Parisien, Cora et E. Leclerc devaient leur emboîter le pas dans les prochaines semaines. 

Et puis, bien-sûr, le reconfinement est arrivé. La décision du Gouvernement d’interdire la vente de produits estimé “non-essentiels”, qui a par ailleurs provoqué une réaction forte des acteurs de la distribution, met à la mal la stratégie des enseignes proposant la vente de vêtements d’occasion dans des points de vente “physiques”. 

Lors du premier confinement, c’est bien davantage le e-commerce qui avait tiré son épingle du jeu. Il s’ancre encore davantage dans les habitudes de consommation des Français depuis les débuts de la crise sanitaire. Une tendance qui pourrait bien profiter aux acteurs de la vente en ligne qui se sont également insérés dans le marché de la vente de vêtements de seconde main. Il en est par exemple ainsi de Cdiscount, qui met en vente les articles triés et remis en état par le français Patatam depuis le mois mois de juin dernier. Un partenariat qui permet à Cdiscount d’épouser une tendance de consommation en plein boom et qui offre un accès élargi aux consommateurs à Patatam. 

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