L’usage du chômage partiel par Carrefour provoque la polémique

Obligées de s’adapter aux dernières mesures gouvernementales obligeant les enseignes de grande distribution à fermer les rayons dits non essentiels, plusieurs entreprises dont le groupe français Carrefour ont annoncé le vendredi 13 novembre 2020, l’instauration de mesures de chômage partiel. Une décision fortement critiquée du côté des syndicats qui dénoncent une épreuve de force avec le gouvernement, et ce au détriment des salariés.  

Face aux récentes mesures sanitaires adoptées par le gouvernement, dans le cadre de la crise de la Covid-19, les établissements de grande distribution ont été contraints de fermer les rayons non alimentaires et jugés non-essentiels. Un choix politique regretté par les enseignes qui n’ont pas hésité à exprimer leur désaccord dans les rayons de leurs magasins, ou à interpeller directement le Premier Ministre.

Chômage partiel massif chez Carrefour

Face à ces restrictions affectant une partie de ses activités, le groupe français Carrefour a décidé de mettre en chômage partiel 90 000 de ses 110 000 salariés, à compter du jeudi 12 novembre 2020. Une décision qui choque les organisations syndicales de l’enseigne, qui n’ont pas hésité à faire part de leur désaccord dans les médias. Elles dénoncent, en effet, une décision excessive et non-justifiée : “Seuls les rayons non alimentaires, non essentiels, sont concernés par la fermeture des rayons. On ne comprend pas pourquoi Carrefour arrive à faire une activité partielle qui concerne 90.000 salariés du groupe” explique un délégué CGT au micro de France Info.

En définitive, ce recours relèverait davantage d’une action politique que d’une véritable préservation de la santé économique de l’enseigne, selon les syndicats. Dans ce cadre, les organisations syndicales, dont Force Ouvrière, dénoncent une fraude au chômage et menacent de faire appel à l’inspection du travail

Alors que les accusations fusent, la communication du groupe Carrefour se contente de rassurer les employés en garantissant qu’aucun salaire ne sera affecté. 

Des réactions politiques et sociales nombreuses

Du côté de la classe politique, les réactions ne se sont pas faites attendre, comme le souligne notamment la réaction de Fabien Gay, sénateur communiste de la Seine-Saint-Denis. Ce dernier interpelle Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance sur ce recours “payé sur [la base de] fonds publics”

Carrefour n’est toutefois pas la seule enseigne à avoir pris cette décision : Auchan, Casino ou encore Leclerc ont également recours, dans des degrés toutefois bien moindres, au chômage partiel. C’est par ailleurs face à l’émergence de cette polémique que le porte-parole des magasins Leclerc a tenu à “démarquer” le groupe. Michel-Edouard Leclerc rappelle que ses magasins promeuvent une “décision volontariste” et décident de “n’avoir recours au chômage partiel que lorsque les personnels frappés par l’interdiction d’exercer (instituts de beauté, magasins de jouet, espaces culturels, agences de voyage, restaurants…) ne peuvent être reclassés sur des postes en renfort dans les activités ouvertes (rayons alimentaires, caisses, drives, mise en rayon, clic & collect…).”

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