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L’ouverture des commerces le dimanche intégrée au futur protocole sanitaire

Afin de lisser la fréquentation et de créer les conditions de la reprise, les fédérations de commerçants proposent de recourir à l’ouverture le dimanche et d’élargir les horaires d’ouverture. Une mesure à laquelle souscrit le gouvernement qui vient de l’inscrire au protocole sanitaire – soumis à l’avis du Conseil scientifique et du conseil de défense.

Par l’intermédiaire du nouveau protocole sanitaire – condition sine qua non d’une réouverture des commerces – le gouvernement affirme son intention de conjuguer rigueur sanitaire et flexibilité. D’une part, avec une jauge d’une personne pour huit mètres carrés, les commerçants vont devoir diviser par deux le nombre de clients en magasin. D’autre part, le protocole prévoit d’autoriser les commerces à ouvrir les dimanches de décembre voire de janvier et d’élargir leurs horaires d’ouverture.

Répondre à la demande des fédérations de commerçants

Alors que le chef de l’État doit se prononcer sur un allégement, ou non, des règles de confinement, plusieurs fédérations de commerçants appellent de leurs vœux à “ouvrir tous les dimanches du mois de décembre”. Une mesure de bon sens qui répond, entre autres, à “une question d’équité avec les pure-players du e-commerce”.

À bien des égards, la concurrence exercée par les géants du e-commerce dont Amazon aura alimenté les discussions – de ces derniers jours – entre Bercy et les fédérations de commerçants. Dernier fait d’armes, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, est parvenu à convaincre les acteurs du e-commerce, et plus particulièrement Amazon, de décaler d’une semaine la date du Black Friday. Pour l’ouverture le dimanche, l’enjeu est le même, il s’agit de donner aux commerçants les moyens de concurrencer les acteurs du e-commerce.

Mais cette mesure est cruciale à double titre. Concurrencer le e-commerce certes, mais aussi permettre d’étaler le flux de clients et donc d’éviter les contaminations. Selon Procos, la Fédération pour la promotion du commerce spécialisé et l’Alliance du commerce, il s’agit de “la meilleure réponse pour lisser la fréquentation dans les magasins à l’occasion des achats de Noël ». Et d’ajouter que “la possibilité d’ouverture les dimanches de décembre et janvier et l’élargissement des horaires doivent également permettre de répondre à l’enjeu sanitaire”. Autant d’arguments qui ne manqueront pas d’être partagés par les organisations syndicales et le gouvernement.

Faciliter la reprise d’activité

Déjà très fragile après le confinement printanier, la situation économique des commerçants est devenue un sujet majeur pour l’exécutif qui multiplie les réunions avec les représentants du secteur. Avant toutes choses, le gouvernement souhaite préserver le potentiel économique que représente, pour les commerces, les fêtes de fin d’année.

Il faut dire que la situation économique des commerces – un secteur qui représente 10% du PIB français – est particulièrement difficile. Concernant le mois de novembre, Euler Hermes chiffre le manque à gagner pour les commerces “non-essentiels” à 4,4 milliards d’euros. Plus encore, la société d’assurance-crédit insiste sur la part de chiffre d’affaires que représente traditionnellement les deux derniers mois de l’année. C’est 40% du chiffre d’affaires annuel pour le secteur des jouets et jeux, 25% pour celui de la parfumerie et des cosmétiques, et 20% pour ceux de l’habillement et des fleurs.

Conscient de cette situation, le gouvernement s’efforce de déployer un arsenal de mesures capable de donner aux commerçants la flexibilité dont ils ont besoin. À ce titre, l’ouverture le dimanche est envisagée. Elle permet notamment de rassurer les professionnels du secteur, particulièrement inquiets quant à l’écoulement de leurs stocks. Au gouvernement, “on regarde cette approche de manière favorable, ce d’autant plus que cela permet de respecter les jauges, il y a un intérêt sanitaire”, a précisé au micro de Radio J, dimanche 22 novembre, Agnès Pannier-Runacher, ministre chargée de l’Industrie. Une manière de rejoindre la position de son ministre de tutelle Bruno Le Maire.

La question de la réouverture des commerces fait l’objet de jeux d’influence au plus haut niveau de l’État. La pression exercée par les fédérations de commerçants et la réalité économique invitent le gouvernement à faire preuve de flexibilité. Et à imaginer des mesures capables de compenser les effets économiques de la stratégie du “stop and go” – alternance entre périodes de restrictions et périodes sans restrictions – qui est jusqu’à présent privilégiée.

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