Michel-Edouard Leclerc oppose une féroce résistance aux industriels

Michel-Édouard Leclerc, le patron du groupe E-Leclerc, ne veut pas entendre parler de hausse des prix de l’alimentation. Alors que les industriels de l’agro-alimentaire pointent du doigt les coûts de fabrication plus importants, il trouve insensé de rémunérer les actionnaires de Danone.

Marges insuffisantes 

Invité sur BFMTV/RMC le lundi 15 juin 2021, Michel-Édouard Leclerc (patron du groupe de grande distribution E-Leclerc) a affiché son hostilité concernant les demandes des industriels sur les coûts de fabrication de leurs produits. M. Leclerc ne désire pas suivre les industriels dans leur souhait d’une hausse des prix de l’alimentation. La semaine derrière, l’interprofession (Ania) de l’agro-alimentaire a en effet réclamé une augmentation de 9% des tarifs pour supporter le choc de la flambée des matières premières.

Si Michel-Édouard Leclerc a reconnu la nécessité de mettre en place un consensus pour mieux rémunérer l’agriculteur, il rejette néanmoins l’idée de rémunérer les actionnaires, notamment ceux de Danone, qui viennent d’obtenir le renvoi du directeur. Ce dernier ne dégagerait pas assez de marges et n’aurait pas un impact favorable sur le cours de Bourse. Michel Edouard Leclerc a ainsi estimé qu’« il y a de bonnes raisons pour faire augmenter les tarifs des agriculteurs, mais il n’y a que de mauvaises raisons à faire tout augmenter sous prétexte d’aider l’agriculture ». 

Des accords avec Danone 

Pour rappel, E. Leclerc et Danone Produits Frais ont signé un accord tarifaire en conformité avec les contrats pluriannuels dans le cadre des négociations 2019. Ces accords prennent notamment en compte l’évolution des coûts de production des élevages laitiers dans le prix du lait. Selon Michel-Édouard Leclerc, la hausse indiscriminée des prix de l’agroalimentaire n’aura qu’un impact très limité sur les revenus de l’éleveur de Bretagne ou de Vendée. Prenant l’exemple des jus d’Orange Joker et de l’eau d’Evian, M. Leclerc explique en effet que la part du marché agricole français est mineure dans le chiffre d’affaires de plusieurs groupes industriels de ce secteur. 

En outre, Michel-Edouard Leclerc estime que la demande de l’Ania est d’autant plus insensée que ses acteurs ont été récemment été condamnés pour entente en cartel concernant le lait et la charcuterie. A la lumière de ces éléments, il demande donc au gouvernement de ne pas suive leur comportement « complètement antisocial, antipolitique ».

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