Prix de l’énergie : inquiétude de la grande distribution et de l’agroalimentaire

La grande distribution et l’industrie agroalimentaire expriment leur crainte face à la hausse importante des prix de l’énergie. Elles demandent une aide exceptionnelle du gouvernement pour réduire leur facture.

Depuis plusieurs mois, les prix de l’énergie grimpent en France dans un contexte de changement climatique et de tension avec la Russie, principal producteur de gaz. Cette hausse des coûts inquiète de plus en plus les acteurs économiques, en particulier les enseignes de la grande distribution et les industriels de l’agroalimentaire.

1,5 milliard d’euros par an de plus sur la facture

Selon la fédération Perifem, qui rassemble l’ensemble des acteurs de la distribution, la facture du secteur devrait augmenter d’1,5 milliard d’euros par an, malgré les mesures de sobriété énergétique. Cette hausse pourrait impacter significativement les prix mais aussi entraîner des ruptures de stocks à cause de l’arrêt des activités des fournisseurs. Pour éviter cette situation, la Perifem appelle l’Etat à réglementer l’électricité des entreprises comme il le fait avec les particuliers. En remontant par exemple le plafond de l’ARENH à 120 TWh ou en fixant un tarif d’urgence pour la durée de la crise.

Une potentielle perturbation des activités

De leurs côtés, les industriels de l’agroalimentaire évoquent des risques de ruptures de production avec des mesures de sobriété drastiques. Les groupes laitiers, par exemple, affirment qu’ils ne peuvent réduire leur consommation d’énergie que de 5% au maximum. Au-delà, cela perturberait sérieusement leurs activités, prévient la Fédération nationale de l’industrie laitière (Fnil). Aussi, avec la cadence actuelle, c’est le volet comptable qui inquiète. Le géant Lactalis, notamment, estime que sa facture pourrait doubler en 2023 pour atteindre 1 milliard d’euros. Quant au groupe Sill, il prévoit une hausse de 800% de sa dépense énergétique, au même horizon par rapport à 2021.

Une exonération en cas de rationnement

Face à ces perspectives sombres, les acteurs de l’agroalimentaire réclament l’aide des pouvoirs publics. Ils souhaitent une exonération pour le secteur en cas de rationnement de l’énergie. Aussi, appellent-ils à une révision rapide des critères du dispositif d’aide aux entreprises dont la facture d’électricité pèse plus de 3% du chiffre d’affaires. En outre, les industriels demandent la mise en place d’un bouclier énergétique à l’instar de celui qui profite actuellement aux particuliers.

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