Vers une inflation à deux chiffres dans la grande distribution ?

Michel-Édouard Leclerc estime que la grande distribution se dirige vers une inflation à deux chiffres, voire plus, à partir de janvier 2023. En cause, les nouvelles négociations entre industriels et distributeurs aux alentours de Noël.

De nouvelles demandes tarifaires après Noël

Le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, Michel-Édouard Leclerc, se fait à nouveau le météorologique de la consommation en France. Sur le plateau de BFMTV, le 8 novembre 2022, le dirigeant a prédit un tsunami d’inflation en 2023. Selon lui, la flambée des prix en octobre (6,2% sur un an) ne serait « pas que passagère ». Les Français devraient s’attendre à vivre une inflation à deux chiffres dès janvier prochain, probablement entre 12 à 13%.

Michel-Édouard Leclerc impute cette potentielle situation à un nouveau cycle de négociations entre les industriels et les enseignes, à Noël. Ce rendez-vous débouchera sur de nouvelles demandes tarifaires dans la grande distribution. D’après le dirigeant français, il y aura des hausses conséquentes. Par exemple sur les conserves de légumes (17,74%), les volailles (13%) et le café (10%).

Les distributeurs, fair-play sur les prix

Face à cette perspective sombre, Michel-Édouard Leclerc appelle les acheteurs à « se mettre en mode combat » pour protéger le pouvoir d’achat des Français. Mais les industriels pourraient faire les difficiles. Ils accusent les enseignes d’être responsables de l’inflation actuelle en refusant de payer plus cher ou d’augmenter les prix dans les rayons.

Du côté des distributeurs, certains accusent les géants agroalimentaires comme Danone de profiter de l’inflation pour améliorer leurs marges avec des hausses déraisonnables de prix. Bercy a noté les efforts de la part des distributeurs et des géants de l’agroalimentaires pour avoir réduire leurs marges. C’est ce que note l’Inspection générale des finances (IGF) dans un rapport, commandé par le Ministre de l’Economie, à ce sujet.

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