Fruits et légumes

Le prix des fruits et légumes en nette augmentation

Alors que le secteur agroalimentaire a été durement touché par la crise, les Français ont pu constater, depuis plusieurs mois, une nette augmentation du prix des fruits et légumes, pouvant aller jusqu’à +17%. Une augmentation observée par l’association de défense des consommateurs Familles rurales qui dévoile son rapport publié fin juillet.

Une augmentation allant jusqu’à 17%

Durant le confinement, les Français l’avaient déjà constaté : le prix de certains produits a augmenté. Afin de permettre aux familles  de disposer des bonnes clés de lecture et d’opérer des choix clairs, en fonction de leur budget, Famille rurales a effectué une étude de prix du 30 mai au 12 juin afin de suivre leur évolution. L’étude révèle que le prix des fruits et légumes a rencontré une augmentation allant jusqu’à 17%. Réalisée par une équipe de 46 « veilleurs consommation » sur 26 départements, l’étude s’est portée sur différents types de surfaces alimentaires :  les hypermarchés et supermarchés, les établissements à dominante marque propre (EDMP, type hard discount), les marchés et les magasins spécialisés bio.

Pour ce faire, les veilleurs ont consommé des paniers de 8 fruits et 8 légumes frais, conventionnels et bios, sur ces surfaces de vente et ont réalisé 75 relevés de prix. L’association a comparé ces prix à ceux de l’année passée et révèle que le prix des légumes aurait augmenté de 4% et celui des fruits de 17%.Les poires et les fruits à noyaux tels que les pêches ou les cerises sont les fruits victimes de la plus grande augmentation, selon le rapport. Coté bio, le prix des légumes aurait augmenté de 1% et de 6% pour les fruits. Le Président de la fédération Familles rurales déclare ne jamais avoir constaté une telle augmentation auparavant. 

Mais quelles en sont les raisons ? Bien entendu, la situation exceptionnelle due à la crise sanitaire du Covid-19 fait partie des raisons qui ont entraîné cette hausse des prix, mais pas seulement. Le confinement a entraîné un manque de main-d’œuvre, des coûts de transport plus importants et une diminution de la production étrangère qui, associés aux changements des habitudes alimentaires des Français, a engendré des coûts plus importants. De plus, les conditions météorologiques moroses de la fin du printemps au début de l’été ont impacté la production de certains fruits et légumes tant sur la qualité que sur la quantité. Cette augmentation des fruits n’assure, néanmoins, pas pour autant une meilleure rémunération des producteurs, le rappelle l’association. La fermeture des frontières qui restreint alors l’approvisionnement en produits étrangers, est également responsable de cette augmentation. 

Des conséquences écologiques, sanitaires et sociales qui inquiètent

Cette augmentation des prix inquiète l’association. Premièrement, d’un point de vue nutritionnel, il devient alors compliqué pour les Français de manger équilibré avec une telle augmentation. Lancée en 2001, le slogan “Manger 5 fruits et légumes par jour” par le Programme national nutrition et santé (PNNS) est d’ores et déjà de moins en moins appliqué. Alors que 31 % des Français consommait au moins 5 portions de fruits par jour en 2010, en 2016 ils n’étaient plus qu’un quart. D’après l’association, le budget annuel en fruits et légumes pour une famille de deux adultes et deux enfants s’étendrait entre 144 € et 259 €. Une seconde inquiétude de Familles rurales provient des produits suremballés, ces produits étant alors plus chers et polluant plus. Un désastre écologique contre lequel l’association se bat également. 

L’augmentation des prix des fruits et légumes soulève d’autres inquiétudes : le détournement des Français des produits locaux. Bien que les changements d’habitudes de consommation liés au confinement perdurent, l’association craint un déclin de la consommation de produits locaux. Souvent considéré comme plus cher que les produits exportés, ce n’est pas réellement toujours le cas. Famille rurales rappelle que consommer local et de saison permet souvent de payer moins cher ses produits. Les fruits français et de saison seraient en moyenne 1,25% moins chers que leurs homologues étrangers, en revanche les légumes seraient en moyenne plus cher de 1,65%. Les produits français ont, en tout cas, permis d’éviter toute pénurie durant la crise, rappelle l’association.

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