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Covid-19 : la justice restreint les livraisons d’Amazon en France

Estimant les mesures de protection sanitaire mises en place par Amazon insuffisantes à l’égard de ses salariés, le tribunal de Nanterre contraint le groupe à réduire ses activités. La justice donne ainsi raison au syndicat SUD, qui s’est porté partie civile. Il reflète les inquiétudes des salariés face au coronavirus — dans un contexte d’explosion de la vente en ligne.

Une réduction de l’activité du géant du e-commerce dans un contexte d’explosion des ventes en ligne

Tandis que le confinement se poursuit et que l’activité économique est au ralenti, les acteurs de la distribution semblent faire exception. Mobilisé depuis les premiers jours de la crise sanitaire, le secteur de la distribution, en magasins ou en ligne s’est adapté à un contexte particulier. Selon l’institut Nielsen, le chiffre d’affaires pour la grande distribution a bondi de 237% sur la journée du 16 mars, les magasins ayant été fortement sollicités par les Français dans les jours précédent les annonces de confinement.

Dans le contexte du coronavirus, la vente en ligne représente un échappatoire pour les consommateurs. En effet, selon le magazine en ligne spécialisé Novethic, les consommateurs privilégiaient, à la fin du mois de mars, les articles liés au divertissement. Le marché du jeu vidéo en ligne a “bondi de 265%” depuis le début du confinement, la vente des articles fitness de 175%. Et, signe de l’adaptation profonde des actifs en télétravail : la hausse des ventes des matériels informatiques. La vente de cartouches d’encre a également connu une forte augmentation. Cela est dû notamment à la mise en place par le gouvernement, pour pouvoir sortir, d’une attestation de déplacement dérogatoire à imprimer et à remplir par les Français.

Évolution de l'intérêt pour les requêtes encre et imprimante

Cette tendance à la hausse du recours au e-commerce n’est pas propre à la France. Aux États-Unis par exemple, Amazon annonçait le 17 mars le recrutement de 100 000 personnes pour faire face à la demande. Cet effort impressionnant pour garantir les capacités logistiques du groupe s’inscrit également sur le temps long. Amazon espère en effet se positionner durablement sur le marché de la vente alimentaire. Mais un tel investissement humain n’est pas sans risque sanitaire.

La justice estime que le géant du e-commerce sous-estime les conséquences sanitaires et psychologiques du contexte sur ses salariés et ses distributeurs

Judith Krivine, l’avocate du syndicat SUD, partie civile dans cette affaire, estime qu’Amazon n’a pas pris les mesures nécessaires pour évaluer l’impact psycho-social de l’insuffisance des mesures de protection. En sorte que, selon Le Figaro, L’Union syndicale Solidaire, qui a assigné Amazon en référé, réclamait la réduction des activités du groupes aux produits de première nécessité : médicaux, alimentaires et sanitaires. Soit une diminution de “10 à 15 fois” du volume global des ventes actuellement réalisées par le groupe. Le tribunal de Nanterre a donc décidé de conditionner la vente des produits de l’ensemble de la gamme disponible au renforcement des mesures de protection sanitaire.

À contrario, les acteurs de la grande distribution comme E.Leclerc, Intermarché ou encore le Groupe Casino, ont renforcé drastiquement les mesures de protection sanitaire de leurs salariés depuis le début de la crise. Avec distribution de gels hydroalcooliques, le renforcement des procédures de distanciation sociale et, plus récemment, la distribution de masques.

Selon Le Figaro, Amazon a pris acte de la décision de justice : prise de température des salariés à l’entrée des entrepôts, distribution de lingettes désinfectantes et de gels hydroalcooliques… Des gestes salués par les autorités publiques, tandis que trois mises en demeures d’entrepôts sur six ont été levées depuis lors. Une décision de justice qui rappelle que les entreprises devront intégrer les mesures sanitaires dans leur nouvelle organisation du travail post-confinement.

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