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Thierry Cotillard s’exprime et tire le bilan de la crise pour Intermarché

Après son entretien accordé à LSA, il y a un mois, Thierry Cotillard s’est de nouveau exprimé sur les ressorts de la résilience du groupe Intermarché pendant la crise sanitaire. Cette fois-ci c’est aux Echos qu’il a dévoilé les raisons de ce succès, ses retombées économiques, et les perspectives à venir. 

Le succès économique d’Intermarché confirmé dans la phase de déconfinement 

À bien des égards, l’enseigne Intermarché sort renforcée de la crise sanitaire. Si elle a su faire preuve, au même titre que les autres enseignes de la grande distribution, de sa capacité à assurer une continuité du service d’alimentation, ses performances économiques se situent au dessus de la mêlée. Preuve en est, la part de marché de l’enseigne, en hausse de 0,9%, est celle qui a le plus progressé, toutes enseignes confondues, pendant la période de confinement. 

Outre les parts de marché, le chiffres d’affaires et le nombre de clients ont progressé. S’il y a une corrélation évidente entre la période de confinement et les performances économiques d’Intermarché, la tendance semble se confirmer dans la période de déconfinement. Selon les derniers chiffres communiqués par l’enseigne, les ventes sont en hausse de 8%. Concernant le Drive, les ventes ont représenté jusqu’à 7% des ventes totales en plein coeur de l’épidémie. Un chiffre qui ne devrait plus passer sous la barre des 4% alors qu’il était situé entre 2 et 2,5% avant la crise sanitaire. Preuve que les comportements d’achat devraient se pérenniser quand bien même le risque épidémiologique se réduit.  

Au sujet d’un quelconque bilan annuel, Thierry Cotillard s’avance avec prudence compte tenu de l’incertitude épidémiologique et des conséquences du Covid-19, notamment sur le tourisme alors qu’un tiers des magasins de l’enseigne sont saisonniers. Toutefois, il ajoute qu’il est possible de chiffrer la hausse des ventes à 2,5%, avec un atterrissage de l’ordre de 4 à 5%, sur l’ensemble de l’année 2020. 

L’image d’Intermarché sort renforcée de la crise sanitaire

Au-delà de ces performances économiques, c’est l’image du groupe qui sort renforcée au lendemain de la période de confinement. En effet, le groupe dirigé par Thierry Cotillard arrive en tête du classement du baromètre Posternak-Ifop du second trimestre 2020. Une récompense pour l’enseigne, qui a eu à coeur, pendant la période de confinement, de développer les initiatives solidaires auprès des publics fragiles et des producteurs

Interrogé sur la première place d’Intermarché, Thierry Cotillard explique ce résultat par le succès “du modèle indépendant”, appelé “Producteurs & commerçants”, qui est depuis longtemps la marque de fabrique de l’enseigne. En s’appuyant sur le Groupement Les Mousquetaires, un réseau de commerçants associés, le groupe peut ainsi maîtriser de façon efficiente sa chaîne de production mais aussi proposer une grande variété de produits. Autant de relais au niveau local, qui ont permis de gérer au plus près du terrain la crise sanitaire. Pour Thierry Cotillard, “le pôle industriel et ses 62 usines” ont aussi permis de répondre à une demande inédite. 

Le président d’Intermarché tient aussi à rappeler le rôle du “directeur marketing providentiel”, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, qui par la restriction des déplacements, a favorisé les enseignes dont le parc de magasins dispose d’un maillage territorial important. Avec un magasin tous les 17km, l’enseigne a donc été plébiscitée par de nombreux consommateurs. En outre, Thierry Cotillard, reconnaît “un concours de circonstances heureuses” au regard du lancement du nouveau site internet de l’enseigne, et de la nouvelle carte de fidélité, en amont de la crise sanitaire. 

Les contours de la stratégie post Covid-19 d’Intermarché 

Si la crise sanitaire invite beaucoup d’entreprises à revoir leur feuille de route stratégique, les grands axes stratégiques défendus par la grande distribution, depuis plusieurs années, semblent plus que jamais coïncider avec les nouvelles attentes des consommateurs. L’enjeu sera plutôt d’être en capacité de répondre à ces nouvelles demandes via de nouvelles infrastructures. 

À cet effet, Intermarché s’est engagé à développer des “stars drives”, c’est-à-dire des entrepôts de préparation de commandes, et cela dans le centre de gravité de dix supermarchés de l’enseigne. Des entrepôts plus modernes permettant de mieux tenir les délais de préparation et d’être capable de répondre à une demande plus importante. Au premier construit à Ivry, en région parisienne, devrait succéder la création d’autres entrepôts sur l’ensemble du territoire français. Thierry Cotillard a aussi insisté sur les efforts à faire en termes de positionnement prix des produits, notamment quand les mesures de chômages partiels disparaîtront. Enfin, “en lice pour la reprise d’une trentaine de magasins La Halle”, Intermarché souhaite renforcer sa présence dans les centres-villes afin de capter une clientèle plus urbaine. 

S’il faut trouver des bons élèves de la classe dans une crise sanitaire où l’ensemble des enseignes de la grande distribution a performé, il est possible, au vu des résultats économiques et de l’appréciation des clients, de discerner ce titre à Intermarché. Conscient qu’il n’est pas aisé de conserver cette position, Thierry Cotillard entend confirmer la tendance via une stratégie omnicanale et un positionnement prix différenciant. 

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