Caddie de supermarché

Le retail bousculé par la crise du coronavirus : bilan et perspectives

La crise sanitaire s’est doublée d’une crise économique historique et le secteur du retail n’a pas été épargné. Pour y faire face, la grande distribution a dû rebondir et adopter de nouvelles pratiques. Retour sur les enjeux du retail en temps de crise et sur ses nouveaux usages.

Les enjeux du secteur retail

Le confinement a entraîné une mise en berne de la consommation des ménages et d’importants manques à gagner pour les commerçants. Cette mise en hibernation de la machine économique a provoqué la mise au chômage partiel de près de 11 millions de Français. Depuis le 11 mai, le déconfinement offre quelques perspectives de sortie mais le mot d’ordre reste la précaution. En effet, le secteur du retail doit faire face aux difficultés posées par la mise en place de la distanciation sociale.

Un premier effet secondaire sur la consommation émerge de la crise : 31% des français ont réalisé des coupes dans leurs budgets, tandis que 34% d’entre eux affirment être beaucoup plus regardants sur leurs dépenses.

De nouvelles pratiques voient le jour pour tenter de s’adapter à cette situation exceptionnelle. Pour faciliter les achats et favoriser les mesures sanitaires, les services de livraison à domicile ou l’achat en ligne deviennent des pratiques de plus en plus plébiscitées par le secteur mais aussi par les Français. Autre effet de la crise, le taux d’épargne a augmenté de 20%, laissant espérer pour certains un fort rebond de la consommation et pour d’autres une immobilisation problématique de dizaines de milliards d’euros.

Nouveaux usages et tendances exacerbées

La crise sanitaire amène le secteur du retail à s’adapter à cette nouvelle donne pour résister financièrement. Déploiement du e-commerce, services de livraison à domicile, click & collect ont déjà fait leur preuve avant le confinement mais ces pratiques se sont intensifiées avec la crise.

Le secteur alimentaire n’y échappe pas. En un temps record, la grande distribution s’est mobilisée pour éviter le risque de pénurie qui planait sur le pays. Avec la diminution des déplacements des Français, l’enjeu était de répondre à la demande et ce, même à distance. C’est chose faite : le canal drive a progressé de 150% et le e-commerce alimentaire (producteurs, locaux, circuits courts, etc.) de 98%.

Les consommateurs vont eux aussi adopter de nouvelles habitudes : 24% des Français ne souhaitent pas se rendre dans des centres commerciaux dans les prochaines semaines et 19% d’entre eux vont également limiter les sorties au cinéma, concerts, restaurants etc. Un quart des Français a changé de point de vente principal pour ses courses alimentaires et 14% ont profité de la période pour en tester au moins un nouveau. Les comportements évoluent et les consommateurs sont désormais nombreux à privilégier la livraison et le click & collect pour les achats alimentaires. Une tendance qui se confirme puisque le click & collect a vu ses volumes tripler. Les Français privilégient également la proximité à travers les circuits courts et les petits producteurs locaux : la livraison locale a ainsi été multipliée par 5.

La réactivité et l’agilité deviennent les nouveaux mots d’ordre. Décathlon a par exemple décidé de ne pas baisser les bras après l’annonce de la fermeture de ses magasins et un partenariat s’est noué avec Franprix pour proposer des produits utiles pendant la crise et favoriser l’activité sportive pendant le confinement.

La résilience devient une valeur centrale que chaque acteur du retail semble avoir acquis, et chacun des pans de l’organisation de ces enseignes devra poursuivre ces évolutions dans les prochaines semaines et prochains mois.

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