Magasin Conforama

But va racheter Conforama

Pour éviter la faillite de Conforama, les deux enseignes de l’ameublement ont décidé de s’allier après de longues heures de négociations. Le 17 juin, les syndicats de Conforama ont rencontré ceux de But et une annonce officielle est attendue dès la semaine prochaine, selon les informations de BFM Business. Point sur le processus de démantèlement du fleuron français Conforama. 

Les négociations suivent leur cours

Deux mois de tensions ont suffit pour que l’enseigne d’ameublement Conforama arrive à un accord avec But. Selon des sources proches du dossier, les négociations avancent bien et devrait prochainement déboucher sur un accord. Les syndicats de Conforma ont rencontré une nouvelle fois les actionnaires de But le mercredi 17 juin. Bertrand Lefort, vice président du groupe autrichien Lutz, s’était déjà entretenu avec les syndicats vendredi dernier. 

La direction assure à BFM Business que Conforama France envisage de s’adosser à Mobilux, l’actionnaire de But. Toutefois, elle précise que rien n’a encore été signé et que les négociations continuent. Le projet de reprise proposé et négocié avec But a été exposé aux salariés de Conforama vendredi dernier. Ce projet sera présenté en bonne et due forme le mardi 23 juin au cours d’un comité social et économique (ex-comité central d’entreprise) de Conforama. Il faudra néanmoins attendre fin juillet pour la signature de la transaction et fin août pour la finalisation de la reprise. 

But et Conforama s’allient pour éviter la faillite 

But envisage de reprendre Conforama et les 8 000 salariés des 165 magasins en France. Les factures, qui s’élèvent tout de même à 150 millions d’euros, seront réglées par But. Et ce n’est pas tout. But s’est également engagé à financer le plan de départs de 1 900 salariés annoncé l’an passé dont le coût atteint 116 millions d’euros garantis par l’Etat, que la banque BNP Paribas refusait d’octroyer à Conforama. 200 millions d’euros supplémentaires vont être investis dans l’entreprise par les actionnaires de But pour rééquilibrer le bilan de l’enseigne. 

Une alliance oui, mais pas de fusion. C’est ce que promet But auprès de l’enseigne d’ameublement. Au final, seules les fonctions de gestion, financières, juridiques et les achats pour économiser sur les prix des fournisseurs seront traitées conjointement.

Malgré la garantie de l’Etat, il était devenu trop risqué pour les actionnaires de renflouer l’enseigne qui essuyait les refus de prêts des banques. Depuis un mois, les équipes de restructuration du ministre de l’Économie (Comité interministériel aux restructurations industrielles ou Ciri) et les actionnaires de Conforama ont décidé de prendre les choses en main. Il y a deux ans, la maison-mère de Conforama Steinhoff, avait été mise sous la tutelle de neuf fonds d’investissement dont Davidson Kempner, Silver Point, Centerbridge et Farrallon.

Selon un protagoniste, les parties prenantes du dossier s’indignaient du sort des fonds qui ont été transférés dans une société ad hoc (une fiducie) pour les conserver en cas de faillite. En réaction, les équipes de Bercy ont répondu qu’une liquidation de Conforama aurait fait beaucoup de dommages et que les fonds n’auraient pu conserver les murs et la marque.

Le démantèlement de Conforama se poursuit

Les semaines de tension intenses ont finalement débouché sur un accord plutôt favorable aux actionnaires de Conforama. Les actionnaires conservent ainsi dans leur giron les filiales espagnole et suisse de Conforama, même s’ils concèdent des abandons de créances.

Le processus de démantèlement, déjà amorcé par les actionnaires avant la crise, se concrétise après la quasi-finalisation de la vente de la branche espagnole de Conforama pour 220 millions d’euros au fond OP Capita. Mais si le projet n’a pu aboutir, c’est entre autres, parce que l’acheteur, Frank Maassen ancien patron de But entre 2013 et 2018 avait déjà soulevé une polémique en interne. Pour la filière suisse, un repreneur aurait déjà été trouvé. Près de dix ans après sa vente par PPR (ex-Kering) à Steinhoff, Conforama commence un nouveau cycle et se recentre sur la France.

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