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L’Autorité de de la concurrence (ADLC) valide le rachat du réseau Leader Price par Aldi

L’Autorité de la concurrence donne son feu vert au rachat des 554 magasins du réseau Leader Price par le discounter allemand Aldi. Une décision qui permet la concrétisation de l’une des plus importantes opérations du secteur de la grande distribution en 2020.

Le 5 octobre dernier, l’Autorité de la concurrence avait communiqué sur l’avancée du dossier du rachat du réseau Leader Price, une enseigne du groupe Casino, par le distributeur allemand, Aldi. À l’issue d’un examen de 25 jours ouvrés, correspondant à la phase 1 des processus d’examen des dossiers soumis à l’Autorité, cette dernière a rendu ce jour un avis favorable à l’opération.

L’une des principales opérations du secteur de la grande distribution en 2020

Le rachat du réseau Leader Price par Aldi constitue l’une des principales opérations dans le secteur de la grande distribution pour l’année 2020. Du fait de l’ampleur de cette acquisition, et des inquiétudes qu’elle a pu faire peser en matière de concurrence, l’Autorité de la concurrence avait été saisie en juin dernier par la Commission européenne afin d’examiner les conditions de cette opération.

Si le dossier aurait pu être traité au niveau européen tant il est d’importance, celui-ci a finalement été renvoyé à l’échelon national avec un accord entre les différentes parties engagées dans cette opération. Comme cela avait été communiqué le 9 juin dernier, l’ADLC cherchait notamment, dans le cadre de son traitement du dossier, à évaluer “les impacts de l’opération tant en amont, sur les fournisseurs, qu’en aval, dans chaque zone de chalandise”.

L’Autorité de la concurrence dissipe les craintes sur l’approvisionnement

Comme le souligne le communiqué de presse de l’Autorité, rendu public le mardi 17 novembre, les parts de marché cumulées d’Aldi et de Leader Price, à l’issue du bouclement de l’opération, ne seraient pas de nature à créer un hypothétique déséquilibre entre le nouveau réseau de discount ainsi constitué et les fournisseurs. Comme le note l’Autorité, le rachat de Leader Price par Aldi n’est pas “susceptible de renforcer significativement la puissance d’achat d’Aldi vis-à-vis des fournisseurs”. Levant ainsi l’un sur l’un des deux points stratégiques à examiner dans le cadre de son évaluation du dossier.

Des risques épars et localisés

Si l’Autorité autorise donc le rachat des 554 magasins qui faisaient jusque-là partie du réseau Leader Price, ainsi que le rachat de 2 magasins sous enseigne Casino, elle formule toutefois des réserves concernant 9 sites situés à l’Argentière-la-Bessée (05), Bar-sur-Seine (10), Bort-les-Orgues (19), Brassac-les-Mines (63), Lanton (33), Marle (02), Rambervillers (88), Saint-Félix (74) et Sézanne (51). Concernant ces sites où l’Autorité estime que des risques d’atteinte à la concurrence pourraient se manifester, le distributeur allemand s’est engagé à céder les 9 magasins opérées sur les territoires ciblés par l’ADLC, répondant par là même aux réserves exprimées.

Une opération à plusieurs centaines de millions d’euros pour le groupe Casino

Ce feu vert de l’Autorité de la concurrence constitue également une bonne nouvelle pour le groupe Casino, et son président Jean-Charles Naouri, engagé depuis plusieurs mois dans une stratégie d’apurement de la dette, passant tout à la fois par une logique de cession des actifs non stratégiques, ainsi qu’une concentration sur la proximité, le e-commerce, le digital et l’innovation. Selon différentes sources concordantes, le bouclement de cette opération stratégique devrait permettre de rapporter environ 735 millions d’euros pour le distributeur stéphanois.

Aldi désormais dans le viseur de Lidl et de Leclerc ?

Du côté du distributeur allemand, spécialisé dans le discount alimentaire, l’enjeu n’est ni plus ni moins que de rattraper son retard par rapport aux enseignes que compte son principal rival Lidl dans l’Hexagone. En effet, comme l’annonçait en mars dernier un communiqué d’Aldi, cette opération doit permettre de “renforcer sa présence sur le marché français”, et lui permettre de parvenir, quasiment, au même nombre d’unités que Lidl. En ajoutant les 554 magasins du réseau Leader Price à son parc, jusque-là composé de 868 unités, Aldi devrait ainsi disposer de 1 424 magasins en France, contre 1 500 pour son concurrent direct Lidl.

Au-delà de ses deux concurrents allemands, c’est aussi du côté des enseignes Leclerc que les regards vont se tourner. En effet, il y aura sous peu trois acteurs importants sur le marché Français qui se disputeront la place de celui qui a les prix les plus bas, cela promet d’homériques batailles à grand renfort de marketing et de publicité.

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