Entrepôt Amazon

Amazon n’ouvrira ses entrepôts que la semaine prochaine au plus tôt, dans un contexte favorable au e-commerce

Suite à la décision judiciaire qui a conduit Amazon à fermer ses entrepôts français, la réouverture, prévue initialement le 14 mai, a encore une fois été repoussée au 19 mai. Mais si l’activité de ses infrastructures en France tourne au ralenti, la firme américaine devrait profiter du contexte favorable du e-commerce pour se rétablir.

Une épée de Damoclès à un milliard d’euros plane au dessus du géant américain

Ce jeudi aurait dû être le jour de la réouverture des entrepôts français. Mais le sort en a décidé autrement et les entrepôts ne rouvriront leurs portes pas avant le 19 mai. Suite à la décision de justice, la firme américaine a dû limiter son activité, en France, à la vente de produits de première nécessité. Mais le géant du e-commerce préfère poursuivre son activité depuis ses entrepôts à l’étranger, estimant ne pas pouvoir répondre à ces exigences.

Si Amazon préfère repousser l’ouverture de ses entrepôts français c’est avant tout parce que le risque est de taille. Même si le groupe assure que « les centres de distribution sont sûrs », le traitement accidentel de produits non-autorisés (de l’ordre de 0,1%) pourrait entraîner une pénalité d’un milliard d’euros par semaine, allant à l’encontre de la décision de la Cour d’Appel.

Toutefois, si l’activité du géant américain ne va pas reprendre de sitôt en France, Amazon pourrait bien bénéficier du succès du commerce en ligne, boosté dès le début du confinement.

Le e-commerce boosté par l’arrivée de nouveaux e-clients

Le e-commerce semble avoir encore de belles années devant lui. Une enquête, menée par le cabinet spécialiste en consommation Nielsen, montre que les produits de grande consommation connaissent une explosion de leurs ventes en ligne en France. La part de marché du e-commerce pourrait se maintenir au dessus de 8% après avoir dépassée 10% certaines semaines. Pré-confinement, cette part de marché s’élevait à 7% contre 6% en 2019.

Cet élan vers le e-commerce se confirme selon Kantar et son panel Worldpanel. Au mois de mars, le secteur du e-commerce accueillait 2,5 millions de nouveaux clients. Le secteur enregistre, quant à lui, 71 % de trafic et 83 % de chiffre d’affaires supplémentaire en avril. « Depuis le début du confinement, un quart des foyers fait au moins un achat alimentaire par mois sur internet » explique Daniel Ducrocq, directeur du département distribution chez Nielsen. Il fallait une année entière pour atteindre ce chiffre avant le confinement.

Mais la fidélité de ces nouveaux consommateurs va-t-elle se poursuivre post-confinement ? Daniel Ducrocq assure que ces nouveaux consommateurs vont continuer « à fréquenter ces circuits-là ». Nielsen considère que 8 à 8,5 % du marché des produits de grande consommation pourrait être durablement réservé à l’e-commerce.

Un acteur encore peu sollicité pour l’agro-alimentaire en France

Daniel Ducrocq explique que le groupe américain est « un acteur assez petit en France » dans le secteur agro-alimentaire. Il reste, selon lui, un acteur « très mineur » du secteur et a, comme ses semblables, encore « une énorme marge de progression ».

Sur le secteur de l’e-commerce (hors grandes surfaces alimentaire), Amazon est largement en tête en France. Mais sur ce marché, les ventes pourraient ne pas bondir autant que dans l’alimentaire. Les habitudes de consommation des Français montrent qu’ils sont davantage enclins à se déplacer en magasin, comme en témoignent les files d’attente dès la réouverture de la Fnac le 11 mai.

Amazon, victime d’une perte de confiance ?

Après avoir interrogé un panel de consommateurs sur la confiance accordée à tel ou tel acteur pendant le confinement, la grande distribution semble avoir gagné la première place grâce, notamment, à la mise en place des mesures sanitaires. A contrario, Amazon comme d’autres acteurs semblables, subit une dégradation des rapports de confiance au fil du confinement. Cette décote pourrait s’expliquer notamment par les « nombreux reportages » dans lesquels les salariés du groupe de Jeff Bezos « ont expliqué ne pas avoir été équipés à temps » explique Gaëlle Le Floch, directrice marketing chez Kantar.

De son côté, la firme américaine qui a perdu des parts de marché dans le e-commerce durant le confinement, déclare qu’elle « travaille activement pour reprendre une activité normale, dans l’intérêt de nos clients en France, de nos collaborateurs et des TPE et PME françaises qui comptent sur Amazon pour développer leur activité ».

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