La Réunion : la grande distribution sous la menace d’un oligopole

La concentration progressive dans la grande distribution à La Réunion suscite l’inquiétude chez les autorités de régulation. Elles craignent des conséquences négatives sur le coût de la vie et les activités des agriculteurs locaux.

Sur des territoires très réduits, la concurrence entre les enseignes est toujours féroce. Mais ce sont les grands groupes qui se taillent toujours les plus grosses parts du marché grâce à leur surface financière. Celle-ci leur permet d’ouvrir plusieurs magasins et d’avaler les plus petits. Une chaîne alimentaire qui conduit vers un oligopole, parfois problématique.

Carrefour et Leclerc forment un duopole

A La Réunion, les autorités constatent un renforcement de la concentration dans la grande distribution depuis plusieurs années. Cette situation a poussé l’OPMR (L’observatoire des prix, des marges et des revenus) de l’île a lancé une étude visant à établir un état des lieux du marché. Les premiers enseignements de cette enquête, confiée à la société de conseil Bolonyocyte Consulting, viennent d’être publiés.

Le document relève un profond bouleversement du secteur depuis le rachat de Vindemia par le groupe Bernard Hayot (GBH), en mai 2020. Ces rachats tous azimuts ont engendré un duopole, composé de Carrefour et Leclerc. Les deux enseignes possèdent 2/3 du marché avec respectivement 39% et 29% de part de marché. Le troisième acteur, Système U, détient seulement 14%. Quant aux autres, ils ont tous moins de 10%.

Des préoccupations au niveau des consommateurs et producteurs

La concentration du marché réunionnais menace de disparition les acteurs locaux, dont le groupe Make Distribution et son enseigne Run Market. Elle fragilise déjà les fournisseurs locaux, qui dépendent énormément de Carrefour et Leclerc. En outre, elle fait peser un risque d’appauvrissement de la diversité de l’offre et fait craindre une hausse des prix. Cette flambée des tarifs se fera logiquement au détriment des consommateurs déjà préoccupés par l’inflation galopante. En juin, celle-ci a atteint 4,2 % sur un an, moins que la moyenne nationale (5,8 %).

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