L’inflation alimentaire provoque-t-elle un déclassement social ?

En France, l’inflation alimentaire a atteint près de 18 % en août 2023 comparé à janvier 2022. En plus de changer les habitudes de consommation, elle provoquerait un déclassement social selon Olivier Dauvers, spécialiste de la grande distribution.

D’après des chiffres publiés cette semaine par l’institut NielsenIQ, la France est le pays où les prix alimentaires ont le plus augmenté ces derniers mois en Europe. Ils ont grimpé de 17,9 % entre janvier 2022 et août 2023. L’Hexagone occupe le podium des pays les plus inflationnistes avec l’Espagne (17,2 %) et le Royaume-Uni (16,7 %).

Travailler plus pour manger autant qu’avant l’inflation

Bien sûr, cette flambée de l’alimentaire pèse énormément sur les foyers français les plus modestes. Ceux-ci doivent couper davantage dans leur budget pour se nourrir convenablement. Mais ce n’est pas tout. Ils doivent aujourd’hui travailler plus pour manger autant et aussi bien qu’avant l’inflation.

C’est ce que constate Olivier Dauvers, spécialiste de la grande distribution. Sur BFMTV, le journaliste a pris l’exemple de l’indice du steak-frites pour illustrer cette situation. Il explique qu’en dix-huit mois les prix du steak ont bondi de 50% et ceux des frites surgelées de 100 %.

L’inflation alimentaire produit un déclassement social

En rapportant ces deux cas à l’évolution du Smic, il relève que le consommateur doit désormais travailler une heure 45 minutes pour payer un kilo de steaks hachés et deux kilos de frites. Il y a dix-huit, il ne devait travailler qu’une heure 10 minutes au Smic pour les mêmes achats.

Dès lors, Olivier Dauvers estime que « l’inflation alimentaire produit un déclassement social » puisque « même un steak-frite devient quelque chose de difficile à acheter ». Cette situation serait due en partie au fait que les salaires ont moins progressé que l’inflation.

Une baisse des prix attendue en rayons

Cependant, le Smic a augmenté. Et en 2023, les hausses de salaires en France devraient avoisiner les 4,5 %, d’après la Dares. Ce qui permettra de compenser une partie de la flambée des prix prévue à 4,1 % en moyenne cette année. On attend parallèlement une baisse des tarifs en rayons grâce à l’avancement des négociations commerciales.

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