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Made in France : Union sacrée pour sauver la filière de l’ameublement français

Le secteur de l’ameublement français n’aura pas été épargné par la crise du COVID-19. Pour les acteurs du secteur l’heure est désormais à l’union pour sauver la filière tricolore.

Les conséquences du coronavirus sur le secteur de l’ameublement

La pandémie et le confinement auront été lourds de conséquences pour le secteur de l’ameublement français. La fermeture des points de ventes durant plusieurs mois, la difficile réouverture et la méfiance généralisée des consommateurs qui n’osent plus se rendre en magasins même après le déconfinement ont amoindri les revenus des industriels et grandes enseignes distributrices de plus de 80%. Ce contexte aura eu raison de certains acteurs nationaux : Alinéa, placé en redressement judiciaire depuis le 13 Mai, n’est malheureusement pas parvenu à trouver de repreneur et n’a eu d’autre choix que de fermer ses portes définitivement. Le rachat de Conforama par le groupe Mobilux (déjà détenteur de la marque But) ne rassure pas non plus les producteurs de meubles nationaux qui craignent que le nouveau géant français ne maintienne pas la priorité qui leur était accordée par la marque dans la constitution de ses stocks.

Un rebond reposant sur les principes de solidarité et de qualité

Pourtant le secteur ne s’avoue pas vaincu et c’est en tant que collectif qu’il a entrepris de trouver des solutions aux problématiques posées par la crise. Jeudi 2 Juillet, les industriels français du meuble ont signé avec pas moins de 20 enseignes de distribution un accord dont le but premier est de promouvoir les produits Made in France. Pour l’instant, la production nationale plafonne à 40% des meubles vendus dans le pays, une part que les signataires souhaiteraient voir atteindre les 50% au moins. Si la crise a certainement eu des externalités négatives, elle est également selon Philippe Moreau, président de l’Ameublement français, une opportunité pour la filière de concurrencer davantage les fournisseurs étrangers ; en faisant valoir un savoir-faire d’exception et en médiatisant les engagements socio-environnementaux auxquels la plupart des producteurs et distributeurs nationaux ont souscrit (94% des déchets de la filière sont recyclés). Il serait ainsi possible de faire d’une pierre deux coups en stimulant la demande et en s’orientant vers une reprise verte comme le préconise le gouvernement et les grandes instances internationales.

L’accord en lui-même repose sur une campagne de communication déjà visible sur les réseaux sociaux avec le hashtag #meublezvousfrançais que l’Ameublement français utilise systématiquement lorsqu’il partage des reportages sur la filière ou rappelle la nécessité d’un esprit solidaire en cette période particulière.

Les enjeux sont de taille puisque le secteur dispose d’un chiffre d’affaire de 7,6 milliards d’euros et d’une force de travail équivalant à 40 000 salariés.

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