Agneau

Le référendum pour les animaux déjà approuvé par l’opinion publique ?

La question de la protection animale est à nouveau sur le devant de la scène et provoque des remous dans la presse nationale et sur les réseaux sociaux. Des associations comme L214 ou Ethics for Animals espéraient qu’à l’occasion du remaniement serait créé un ministère ou un secrétariat d’Etat dédié à la condition animale comme le laissaient présager certaines figures incontournables du camp macroniste, mais il n’en est finalement rien. Elles placent donc tous leurs espoirs dans un hypothétique référendum pour les animaux qui aurait déjà conquis l’opinion publique.

Résurgence de la cause animale dans le débat public

Ils sont sur tous les fronts ! Les défenseurs de la cause animale défraient la chronique actuellement : l’association L214 a par exemple lancé récemment une campagne vidéo coup-de-poing reprenant les spots publicitaires incontournables de l’enseigne Lidl pour en dénoncer les pratiques discutables lorsqu’il s’agit d’élevage avicole. D’autres associations n’hésitent pas non plus à exprimer leur mécontentement face à la nomination de Bérangère Abba au secrétariat d’Etat dédié à la protection de l’environnement, dont les engagements ne mentionnent même pas la place qu’occupera la cause animale dans sa fonction.

D’après les associations, la France prend du retard dans le domaine. Notre voisin belge dispose d’un ministère dont l’intitulé comprend la notion de condition animale et les résultats sont déjà observables : les cages sont bannies des élevages, l’abattage sans étourdissement est interdit… Beaucoup semble donc reposer à présent sur le potentiel référendum d’initiative partagée pour les animaux, qui réunit déjà les 120 signatures de parlementaires nécessaires à la tenue d’un scrutin.

Qu’est-ce que le « référendum pour les animaux » ?

Il s’agit d’un projet réunissant les 6 mesures suivantes, que les signataires de la pétition espèrent voir devenir des lois :

  • Obligation de garantir aux animaux la possibilité d’un accès quotidien au plein air.
  • Interdiction du recours à l’expérimentation auprès des animaux si d’autres alternatives existent.
  • Interdiction de l’élevage en cage.
  • Interdiction de l’élevage d’animaux à fourrure.
  • Interdiction de la chasse à courre.
  • Interdiction des spectacles mettant en scène des animaux sauvages.

L’Ifop (Institut d’études opinion et marketing en France et à l’international) a rendu publique la première étude permettant de quantifier le degré de réceptivité de la population au texte : pas moins de 73% des personnes interrogées parmi un échantillon de 1 000 personnes se disent favorables à la tenue d’un tel référendum. Peut-on élargir le constat et imaginer qu’il s’agit là d’une tendance globale ?

Un soutien sans précédent pour un référendum ?

Sans surprise certains segments de la population y sont plus sensibles : 87% des personnes se considérant écologistes apporteraient leur soutien au projet, tandis que les catholiques pratiquants et les cadres seraient plus réticents. Si le référendum venait à se concrétiser, 49% de la population se déplacerait selon les prévisions pour donner son avis, beaucoup plus que ce qui a été observé lors des dernières élections municipales.

Dans le détail, 87% des Français se disent favorables à l’obligation de garantir aux animaux la possibilité d’un accès quotidien au plein air pour toutes les nouvelles exploitations, 73% souhaitent l’interdiction de l’élevage en cage, 67% l’interdiction de la chasse à courre et 57% indiquent également souhaiter la fin des spectacles avec animaux sauvages au cirque.

L’Ifop estime également que parmi les votants, 9 sur 10 approuveraient le projet. Rien n’est gagné pour autant car le projet, s’il aboutit, se heurtera nécessairement dans un premier temps à de nombreux obstacles législatifs. Les enjeux sont par ailleurs importants et impliquent des changements drastiques dans les processus de production, comme probablement dans les prix des produits.

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