Amazon pickup & returns

Amazon aurait espionné certains de ses salariés d’après des documents confidentiels

Amazon affiche depuis le premier confinement une bonne santé financière, mais le groupe n’échappe pas pour autant aux aléas de la crise et a été à plusieurs reprises pointé du doigt par les syndicats pour la manière dont il traite ses salariés. Aujourd’hui encore, un nouveau scandale vient ternir son image.

Amazon est sans conteste un des grands gagnants de la crise sanitaire. Le groupe a non seulement profité de l’expansion des commandes en ligne mais il s’est également donner les moyens de présenter des chiffres plus que satisfaisants lors du dernier bilan trimestriel en rehaussant sa capacité de livraison pour les produits d’épicerie de 160% ou encore en misant sur sa division cloud (10,81 milliards de dollars de chiffre d’affaire).

Amazon en difficulté ?

Si d’un point de vue économique, Amazon n’a pas grand-chose à craindre : même si l’annonce de la mise au point d’un vaccin efficace à 90% contre la Covid par Pfizer a engendré une diminution de 2,5% du cours de l’action en Bourse, les commandes en ligne ont pris une place importante dans les habitudes de consommation, ce qui promet de beaux jours au géant du e-commerce.

Le groupe est toutefois dans le collimateur de la justice française, notamment en raison des conditions de travail qu’il offre à ses salariés : protection insuffisante face au risque de contamination, rythmes effrénés, conséquences psychologiques… sont, entre autres, les maux qu’on lui reprochait durant le premier confinement.

Nombreux sont les commerçants et les élus qui se sont en outre offusqués durant le second de la conduite du gouvernement qui a donné au groupe son feu vert pour la construction d’un entrepôt XXL près de Nantes alors qu’il encourage simultanément la population à faire ses achats dans les petits commerces. La question divise : beaucoup d’élus ont signé une pétition largement relayée sur les réseaux sociaux pour un « Noel sans Amazon » mais Michel Edouard Leclerc n’y voit quant à lui que l’expression de la pauvreté du paysage digital en Europe.

Les accusations d’espionnage se multiplient

Les scandales continuent pour le groupe puisqu’une douzaine de documents confidentiels viennent d’être dévoilés et dénoncent des pratiques condamnables de surveillance auxquelles il se serait livré. Les documents en question remontent jusqu’à 2019 et laissent penser que les cibles privilégiées sont les mouvements syndicalistes et environnementalistes, particulièrement durant les périodes de forte influence comme Noël ou le Black Friday aux Etats-Unis.

Amazon aurait eu recours aux services de Pinkerton, agence d’espionnage de renom, mais le mystère reste entier car le groupe nie tout en bloc : par exemple, plusieurs analystes auraient créé des faux comptes sur les réseaux sociaux pour intégrer des groupes d’intérêt et en suivre l’actu ; le groupe aurait également envoyé des espions dans l’entrepôt de Wroclaw en Pologne à la suite de rumeurs selon lesquelles des managers entraînaient des candidats à des entretiens avant qu’ils ne se tiennent officiellement.

La fédération syndicale internationale craint que le groupe ne s’adonne à d’autres activités illégales et a donc réclamé l’ouverture d’une enquête européenne. Ce dernier rebondissement donne du grain à moudre aux militants anti-Amazon qui relèvent pour la plupart de mouvements écologistes (comme Attac, Les Amis de la Terre ou ANV-COP21) ou encore de partis affiliés à la gauche. Ils n’avaient pas manqué d’ailleurs de se réunir devant les sièges des députés LREM partout en France pour manifester leur mécontentement et apporter leur soutien aux petits commerçants. Quelques personnalités politiques se sont également saisies de leurs réseaux sociaux et souhaitent poter le débat dans toute l’Union européenne.

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