Caddie de supermarché

Les enseignes traditionnelles ont bénéficié de l’essor du e-commerce depuis le début de la crise sanitaire

Le constat est particulièrement marquant pour les acteurs du secteur : l’essor du e-commerce durant la crise sanitaire aurait davantage profité aux entreprises « traditionnelles » (autrement dit aux entreprises dont le gros des revenus provient d’habitude de la vente en magasin) qu’aux acteurs uniquement présents en ligne. Explications.

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser au regard des résultats impressionnants d’Amazon, les enseignes traditionnelles bénéficient de résultats encourageants pour leur stratégie de e-commerce.

Les transactions en ligne en perte de vitesse ?

La Fevad, syndicat du e-commerce, a récemment partagé son bilan trimestriel du commerce en ligne qui n’est pas aussi enthousiasmant que prévu : les ventes ont progressé du 5,3% durant ce second trimestre contre 12% à la même période l’année dernière. Plus parlant encore, le nombre de transactions en ligne a diminué de 1,5% alors qu’il avait progressé de 19% en 2019. Le secteur a cependant pu compter sur la hausse du prix moyen du panier de 55 à 71 euros, pour garder une solvabilité tout à fait enviable dans le contexte actuel.

Comment expliquer alors la perte de vitesse d’une pratique pourtant entrée dans les habitudes de consommation des Français à la suite du confinement ?

Des services en difficulté

Cette baisse significative tient avant tout aux difficultés auxquelles sont confrontées certains services dont les canaux de vente privilégiés sont digitaux. Alors qu’Amazon a su s’adapter à la crise en augmentant sa capacité de livraison de 160% pour les produits d’épicerie, les entreprises exclusivement dédiées à des services immatériels n’ont pas pu s’offrir ce luxe, en témoigne la situation du secteur touristique : si les ventes de biens physiques ont explosé de 45%, celle des services ont chuté de 36% et celles des voyages de 75% dans le contexte de fermeture des frontières.

Les grands gagnants de la digitalisation des ventes ne sont autres que les enseignes de la distribution qui ont redoublé d’efforts pour perfectionner leurs interfaces d’achat en ligne. Globalement, la Fevad estime que le canal Web représentera d’ici la fin d’année 13% des ventes de produits contre 10% en 2019. Le fait est que ce surplus de résultats venu du numérique n’est pas suffisant pour compenser les pertes engendrées par la crise sanitaire : en ce qui concerne le secteur du textile, on note une hausse de 11% des achats en ligne mais une baisse de 26% des ventes en magasins.

Les boutiques et la grande distribution à l’assaut du numérique

Nous vous confions il y a quelques mois qu’Amazon s’apprêtait à acquérir de nombreux espaces désaffectés dans les centres commerciaux aux Etats-Unis, soulignant par-là la consécration du e-commerce face au retail traditionnel.

La tendance se confirme d’une certaine manière avec la crise sanitaire, à une différence près : certains spécialistes du secteur sont laissés sur le carreau au profit de groupes de la grande distribution ou de magasins physiques qui récupèrent du terrain sur leur domaine d’expertise. Par exemple, si le marché vestimentaire est en partie sinistré, les ventes de textile sont à présent majoritairement le fait des sites des chaînes de magasins plutôt que des spécialistes d’Internet qui n’écoulent plus que 39% des pièces vendues en ligne.

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Matthieu Riché
Matthieu Riché, Directeur RSE du groupe Casino, décrypte pour Alice Vachet les tendances post-confinement