Magret de canard

Leclerc fait polémique avec un magret de canard venu de Bulgarie

La période de confinement a permis le développement du Made in France et du « consommer local ». Parmi les enseignes de la grande distribution ayant rapidement entamé le tournant vers le “local”, privilégiant les circuits-courts et multipliant les initiatives pour qu’ils se développent, Leclerc occupe une place importante. Cependant, l’enseigne a récemment été critiquée suite à la mise sur le marché de magret de canard venu de Bulgarie. 

“Pas de magret bulgare au pays du canard”

Mise en avant des productions françaises et incitation à la consommation locale sont de mise depuis le début de la crise sanitaire. Sur les réseaux sociaux, les enseignes et leurs dirigeants ont régulièrement relayé des appels au soutien de la “ferme France”. Michel Edouard Leclerc fait partie des acteurs du secteur les plus actifs sur le sujet. Le Président de Leclerc a fréquemment affiché sa solidarité et soutien à l’égard des producteurs français sur ses comptes Twitter et Facebook notamment.

Déjà durant l’été 2016, alors que l’enseigne sortait son catalogue estival à l’occasion des fêtes de la Madeleine, une promotion de magret de canard de Bulgarie avait révolté les producteurs locaux. Rapidement, consommateurs et agriculteurs de la région s’étaient insurgés de voir un tel produit mis en avant par le géant de la grande distribution. Des adhérents du syndicat Jeunes Agriculteurs des Landes et des membres de la section volaille de la FDSEA s’étaient réunis devant un supermarché de l’enseigne pour protester contre la distribution de ces produits, brandissant le slogan “Pas de magret bulgare au pays du canard”. 

C’est une polémique similaire qui a donc éclaté le 7 août dans un supermarché de l’enseigne près de Bordeaux. A nouveau, du magret de canard d’origine bulgare a été présenté, alors que l’enseigne promeut actuellement des campagnes de communication ayant pour but de “booster les filières françaises”. Dans le supermarché des Chartrons, les magrets étaient proposés en promotion à 9,50 euros les trois. 

Le prix plutôt que le local ? 

Cet évènement et les réactions suscitées mettent en cause la question des priorités d’achat. Les normes de productions en Bulgarie ne sont pas les mêmes que dans l’Hexagone et les prix finaux sont moins élevés. Selon Lionel Candelon, producteur et membre du collectif « Les canards en colère”, “Un kilo de magret bulgare se vend entre 4,50 et 5 euros. 10 à 11 euros pour un magret IGP Sud-Ouest, 12 à 13 euros pour un magret IGP Landes”. Interrogé par France Bleu, le producteur revient sur le cas des magrets vendus dans le supermarché de Bordeaux : 

“On vend presque à perte, sans se tirer de salaire ou presque et on voit arriver ces produits dans les supermarchés. De la viande qui a fait 2 000 kilomètres quand elle pourrait en faire 20 ou 30. Nous, on fait mieux et on a deux ou trois ans de stock ! Ça met en colère ! (…) On espérait que la grande distribution tiendrait ses promesses au moins jusqu’à la disparition du Covid”. 

De son côté, le Comité Interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras, qui a pour vocation d’assurer la défense des produits des oies et canard gras proposés à la consommation et de mettre en œuvre des actions dans l’intérêt général de la profession, préfère relativiser devant la situation. Au sujet de Leclerc, sa directrice Marie-Pierre Pée indique ainsi : “Cette chaîne de distribution est une chaîne d’indépendants donc chacun a le choix de proposer ce qu’il veut. C’est difficile, on ne peut pas régenter un commerce. Les frontières européennes ont rouvert, les produits peuvent revenir”. 

Suite à la controverse, et malgré les nombreuses sollicitations, le magasin Leclerc en cause n’a pas souhaité répondre à la polémique. Nul doute que les premiers mois et l’attention grandissante des Français pour l’origine des produits qu’ils mettent dans leur assiette vont faire naître de nouveaux débats de ce type.

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