Eoliennes

Quels engagements environnementaux pour les enseignes en sortie de crise ?

“L’abandon des politiques de lutte contre le réchauffement climatique sera une des principales tentations dans les mois qui viennent. Nous devons faire exactement l’inverse. « La relance économique doit être une relance verte” expliquait Bruno Le Maire le 5 mai. A l’heure où la baisse de production industrielle et les limitations des transports ont favorisé l’environnement, de nombreuses voix s’élèvent en faveur d’une relance fondée sur le respect de de la planète et de l’écologie. Ayant joué un rôle primordial durant la période de confinement, la grande distribution semble vouloir rejoindre ces objectifs.

La volonté d’une relance verte 

La crise du Covid-19 a profondément changé les manières de penser et de faire la grande distribution en France. En se doublant d’une crise économique sans précédent, la période a touché l’intégralité des secteurs, qui doivent désormais faire avec de nouvelles habitudes et tendances de consommation. L’e-commerce et les dispositifs de click&collect ont connu un essor sans précédent, et la mobilisation du secteur envers la consommation responsable et les circuits courts ont propulsé le made in France sur le devant de la scène. En plus de l’apparition ou du renforcement de ces tendances, beaucoup plaident en faveur d’une sortie de crise plus juste, durable et écologique. 

Dans cette lignée, la Commission Von der Leyen a proposé devant le Parlement européen, le 27 mai, un budget de 750 milliards d’euros pour aider les 27 États membres à financer la reprise économique. Ce plan de relance européen post Covid-19, au coeur duquel se place le “Green Deal”, a pour but d’accompagner les Etats Membres dans le financement de leur transition écologique. Le plan plaide pour des efforts en matière de mobilité verte et de rénovation des bâtiments.

Au niveau national, la mobilisation en faveur de ces enjeux est grande. Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, près d’une centaine de grands patrons ont appelé à une mobilisation collective pour faire de la relance un accélérateur de la transition écologique. Parmi ces signataires, on retrouve notamment les dirigeants de Danone, LVMH, BNP Paris et Total. La volonté d’aller vers une décarbonation et le “développement d’une économie plus circulaire et celui d’une alimentation plus durable et plus locale” sont au coeur des ambitions exprimées dans ce texte qui appelle d’une seule voix à mettre l’environnement au coeur de la reprise économique. . 

Des enseignes mobilisées en faveur de l’environnement 

L’idée forte selon laquelle des plans massifs d’investissements publics verts seraient le moyen le plus efficace à la fois pour relancer les économies touchées par le coronavirus et pour lutter contre le dérèglement climatique, ne cesse de pousser les enseignes de tous secteurs à se tourner avec l’écologie et la préservation de l’environnement. Face à ce nouveau climat, de nombreuses enseignes de la grande distribution ont renforcé leur mobilisation. Parmi celles-ci, on peut citer Auchan, Casino  et Carrefour.

le 9 Juin, Auchan a réaffirmé sa volonté de participer à une relance verte en signant trois contrats PPA d’approvisionnement direct en électricité renouvelable. Voltalia, Boralex et Eurowatt en sont les bénéficiaires. Avec ces contrats qui permettent de créer des capacités de production d’électricité renouvelables sans mobiliser de subventions publiques, Auchan estime pouvoir convertir 16% de ses besoins en électricité en énergie verte d’ici 2022. Mais la mobilisation du distributeur en faveur de la planète ne s’arrête pas là. Selon Eric Bogne, Corporate Energy Manager chez Auchan, “l’objectif est d’atteindre 100 % d’énergie verte en 2030”. 

Carrefour, aussi, a récemment exprimé son envie d’agir pour l’écologie. Depuis longtemps engagé sur des problématiques climatique et en faveur de la préservation de l’environnement, l’enseigne compte aller plus loin sur le terrain de la maîtrise de ses émissions de CO2. Selon des propos rapportés par LSA, Carrefour se fixe l’objectif de réduire de 30 % ses émissions de CO2 d’ici 2030 et de 55% d’ici 2040, par rapport à 2019”. L’enseigne souhaite aussi se renforcer en matière de produits éco-conçus et réfléchis à de nombreux alternatives décarbonées, notamment en matière de transport. 

Les enseignes du groupe Casino proposent quant à elle plus de 26 000 produits responsables et offre une large gamme de produits alimentaires issus de l’agriculture biologique. Dans une lignée toujours plus responsable, le Groupe développe régulièrement des campagnes d’information et de sensibilisation dans ses magasins sur la consommation responsable. Il a notamment été le pionnier de l’étiquetage carbone sur ses produits de marque propre. 

On perçoit, à l’aune de la reprise des activités économiques, de la réouverture des magasins et d’un lent retour à la vie normale, que les débats sur le « monde d’après » pendant le confinement ont nourri les réflexions des acteurs de la grande distribution. La place du développement durable et l’impact concret que les consommateurs comme les entreprises peuvent avoir semble apparaître au coeur des décisions stratégiques des groupes comme des Français. Les prochains mois, marqués par une crise économique sévère, nous indiqueront si cette tendance saura se concilier avec la demande de pouvoir d’achat et les tensions sanitaires ou sociales qui traversent toujours la société française.

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