Bio C Bon

Bio c’Bon est placée en redressement judiciaire

La crise économique n’a pas épargné les distributeurs les plus vulnérables, même ceux issus de secteurs florissants tels que le bio. Le feuilleton de l’enseigne spécialisée Bio c’Bon, placée en redressement judiciaire mardi, se poursuit et les potentiels repreneurs devront émettre une offre avant le 16 septembre prochain. 

L’été sonnait le succès des produits biologiques. L’Agence Bio saluait, quant à elle, la forte progression des ventes en 2019, estimant que les produits bio avaient séduit de nouveaux consommateurs pendant le confinement… Mais pour Bio c’Bon, la joie fut de courte durée.

Bio c’Bon passe sous le joug du tribunal de commerce

Avec 158 magasins en propre et 1 500 salariés, l’enseigne spécialisée dans le bio est passée sous la surveillance du tribunal de commerce de Paris mardi. Pour Thierry Chouraqui, président de la firme, le placement en redressement judiciaire devra permettre “aux différents acteurs qui avaient manifesté un intérêt pour notre enseigne de remettre une offre de reprise formelle. » Les éventuels repreneurs ont jusqu’au 16 septembre pour délivrer une offre de reprise. 

Le président de l’entreprise s’est toutefois montré confiant quant à l’avenir de la firme et de ses salariés. En effet, de nombreuses « marques d’intérêt » ont émergé et le groupe a de fortes chances de séduire « beaucoup de monde », estime Yves Marin, expert du secteur de la distribution au sein du cabinet de conseil Bartle. Qu’il s’agisse d’un repreneur de grandes surfaces spécialisées, d’une consolidation ou encore de grandes surfaces alimentaires, les occasions pour s’emparer du savoir-faire bio ne manquent pas. 

Certaines enseignes de grande distribution, telles que Carrefour, Casino ou des enseignes spécialisées comme Biocoop, La Vie Claire et Naturalia, ont déjà fait part de leur intérêt à l’égard de Bio c’Bon. Mais la famille Zouari, actionnaire de référence de Picard Surgelés et l’un des principaux franchisés de Casino, avait mis sur la table l’offre la plus sérieuse. Fin juin déjà, la famille Zouari était entrée en négociations exclusives avec Bio c’Bon, dans le but de mettre la main sur l’activité France de l’enseigne, avant de proposer une offre de reprise globale des actifs du groupe, soit 90% de ses 1 500 salariés. Au final, c’est le tribunal de commerce qui tranchera. 

Un dossier « plus compliqué qu’il n’y parait » ?

Du côté d’Auchan Retail, l’idée d’acquérir l’enseigne spécialisée n’était pas d’actualité à la fin du mois d’août. Le président de l’enseigne, Edgard Bonte, avait conclu ne pas porter un grand intérêt, estimant que « le dossier [était] plus compliqué qu’il n’y parait ». En effet, avec plusieurs investisseurs privés à son actif, l’enseigne Bio c’Bon faisait l’objet d’un montage financier, proposé par l’actionnaire fondateur du groupe, Marne & Finance, présidé par Thierry Chouraqui. Ce montage a notamment permis à des particuliers d’investir dans les magasins ou dans les locaux commerciaux de l’enseigne spécialisée. 

En parallèle, l’Autorité des marchés financiers (AMF) avait tiré la sonnette d’alarme des conseillers en investissements financiers au sujet des « risques encourus » s’ils poursuivaient la vente de ces offres « sans s’être assurés que leurs clients sont suffisamment avertis », selon les termes d’un courrier mis en ligne par un des destinataires, l’Anacofi (association professionnelle des entreprises de courtage et conseil en banque, finance et assurance). Cependant, l’AMF n’avait pas ouvert de procédure de sanctions à l’égard des actionnaires ou des dirigeants de la firme. 

Pour expliquer ses difficultés, Bio c’Bon a accusé les mouvements sociaux ainsi que la forte concurrence de la grande distribution, qui s’est emparée d’une part du gâteau biologique. Mais pour Yves Marin, l’enseigne était déjà en proie à une rude concurrence sur le plan commercial avec la montée en flèche des enseignes spécialisées. 

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